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Victor Era Vella
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Ces grimpeurs Parisiens qui s’exportent bien – These Parisian climbers who are making a name for themselves abroad

  • 28/04/2026

Quand on pense à la grimpe dans le bassin Parisien, on pense évidemment à la forêt de Fontainebleau, mais aussi au temps parfois maussade et aux innombrables salles de bloc indoor offrant un des meilleurs endroits au monde pour pouvoir s’éclater dans l’activité. Pourtant, un village d’irréductibles résiste, avec des jeunes grimpeurs parisiens habitant loin des falaises et motivés pour performer dehors avec un harnais, notamment basés à Massy. Des gaziers comme Hugo Parmentier avaient déjà posé quelques jalons, avant de préférer rester sur les falaises du Sud plus longtemps. Le flambeau est en quelque sort repris. Les falaises du Nord de la France offrant un terrain de jeu assez limité en matière de 9ème degré, la tâche est ardue : s’entrainer comme une bête pour espérer pouvoir réaliser des opérations commandos ciblées sur les falaises du Sud ou de l’étranger et tenter de réaliser des voies extrêmes sur des séjours assez courts, limite minutés, pour changer des séances de bloc à Bleau. Essayer d’enchainer une voie à ses limites à plus de 800/1000 kilomètres de chez soi sur une période courte n’est pas chose aisée. Il faut notamment composer avec les aléas météo, être très efficace dans son approche tactique de la voie, dans la gestion de sa fatigue physique et de sa peau, bien gérer son mental dans les périodes difficiles de stagnation et de doute après des séjours peu en réussite…

Victor Guillermin, grimpeur havrais expatrié à Paris pour ses études et international français a déjà gravi plusieurs voies en 9ème degré, fait plutôt partie de la team conti. Depuis 3 ans, il s’est attelé à « Stoking the fire », illustre 9b de Chris Sharma dans la grotte de Santa Linya (Catalogne) et s’y rend en fil rouge. Malgré les aléas météo, des études sélectives et la préparation pour les compétitions, Victor continue séjour après séjour à progresser dans la voie, tombant récemment au dernier mouvement dur du crux, laissant présager un futur prometteur.

Pour se changer les idées, Victor s’est rendu dernièrement à Margalef, où il n’a fait qu’un bouchée de la classique de conti « Era Vella » (8c+/9a). Après un essai flash où il tombe après le crux médian en conti dans la seconde partie, l’essai suivant sera le bon, Victor réalisant une belle King Line dans la séance, et affichant un bel état de forme. Espérons qu’il arrive à boucler « Stoking the fire » lors de la prochaine saison hivernale !

« Je suis venu en Espagne avec l’objectif principal d’enchaîner « Stoking The Fire », mon projet depuis maintenant trois ans. Les premiers jours ont été difficiles, les conditions étant chaudes et humides. Puis, dès le troisième jour dans la voie, mes runs ont commencé à s’améliorer, et avec une nouvelle méthode dans le crux de la section en 9b (avant le repos et la partie finale, plus facile en 8b+), je me suis dangereusement rapproché du repos médian durant cette première semaine… Puis les températures ont de nouveau augmenté. J’ai décidé d’aller grimper à Margalef avec une amie pour changer un peu, et pourquoi pas tenter de flasher « Era Vella ». Cette voie, longue et exigeante, semblait bien me convenir, mais malheureusement les vidéos disponibles n’étaient pas complètes sur les méthodes. Mon amie est donc montée dans la voie pour essayer de me décrire les mouvements, mais la différence de style et de morphologie était trop importante. J’ai finalement décidé de tenter quand même le flash. Mais trop d’hésitations et d’imprécisions (sur comment prendre les prises, lesquelles utiliser…) m’ont fait chuter au milieu du crux, en allant chercher une prise plate en vitesse. Je suis tout de même monté jusqu’en haut pour revoir rapidement les mouvements. Une heure après, je me sentais prêt à remettre un run. Et ce run a été très bon: j’ai été rapide et efficace, en sautant un maximum de prises pour limiter les mouvements. Au final, après avoir tremblé un peu sur les mouvements dynamiques (que je ne peux pas faire en statique), j’ai enchaîné la voie au deuxième essai, encore relativement frais en haut. Je suis content d’avoir réalisé rapidement cette king line, et cela me montre qu’avec une bonne préparation, flasher un 9a serait envisageable (même si j’estime plutôt Era Vella comme un 8c+ dur). »


De l’autre côté, des afficionados de la force ont choisi le Frankenjura. Il s’agit de Ludo Delmotte et de Pierre Shankland. Le premier, Ludo, fort bleausard, travaille « Action Directe » en fil rouge depuis près de 4 ans, avec de beaux progrès à la clé qui laissent présager une future réussite française après celle assez rapide de Mattéo Soulé.

« J’ai commencé à essayer Action Directe il y a 3 ans. Le premier trip que j’ai fait était principalement pour voir si le lieu me plaisait , je savais que ça allait être un projet long terme (j’avais fait uniquement un 8b en falaise). Et ça n’a pas manqué, le Franken c’est vraiment top. Ensuite, les 2 premières années je suis venu 2 semaines en octobre, j’ai fait des progrès mais toujours très loin d’un enchaînement.

Cette année j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure : j’ai fait 2 semaines en octobre (pas de chance la voie était full trempée), et je suis revenu il y a un mois sur un minitrip commando avant de revenir pour 2 semaines (trip actuel). J’ai déjà fait des links assez intéressants, et j’étais très proche de faire un link clé il y a un mois, en partant du 2eme mouv jusqu’à viser un mono gauche dans la partie haute de la voie.
Pour le trip actuel j’ai fait le choix de n’aller sur Action qu’un jour sur 3, pour ne pas me fatiguer trop spécifiquement, les steaks arrivent très vite sur cette voie… Et pour avoir le temps de faire d’autres voies. Changer de style ne me fera pas de mal. Pour l’instant ce n’est pas fameux, malgré une météo optimale (et c’est assez rare ici…). Un mouvement de pied me résiste particulièrement alors que je le faisais sans souci il y a un mois… Je n’ai pas encore compris pourquoi. Il me reste 2 séances, c’est peu mais c’est encore jouable. Je suis assez à l’aise dans le premier mouv et dans le reste de la voie. Il faut juste que je (re)débloque ce mouvement de pied ! »

Ludo Delmotte dans le court et teigneux Boiling Point


Le second, Pierre Shankland, déjà 9a au compteur dans le Tarn et efficace chasseur de croix, a découvert les lieux cet automne et vient d’y réaliser un de ses projets : « Sever the Wicked Hand » (8c+/9a), une voie ouverte par Markus Bock en 2011, et plutôt longue pour le Frankenjura : 30 mètres.

« C’est une approche en 7b+ environ, puis un mauvais repos avant d’enchaîner sur un 7C+/8A bloc à doigts. Après tu rejoins la fin de « Battle cat » (le 8c de gauche) jusqu’en haut, je pense ça doit valoir 8a+/b. Je suis venu essayer Sever en novembre parce que je voulais découvrir le Franken et que cette voie semblaient particulièrement dans mon style (crux à doigts puis rési). Le premier trip était assez infructueux dû aux mauvaises conditions météorologiques. Le deuxième trip de 4 jours était très prometteur mais juste trop court, je suis tombé plusieurs fois dans la dernière section et il m’aura manqué un jour de plus. Cette fois je lui ai laissé aucune chance en revenant ! »

À suivre !

Photos : Pierre Minaret, Rainer Eder et coll. Guillermin

Pierrot Shankland - Sever
Pierre Shankland dans Sever the Wicked Hand


When you think of rock climbing in the Paris region, the Font Forest naturally comes to mind, but so do the sometimes gloomy weather and the countless indoor bouldering gyms that offer one of the best places in the world to have a blast climbing. Yet, a village of die-hards is holding out, with young Parisian climbers living far from the cliffs and motivated to perform outdoors with a harness, based in Massy. Since the cliffs of Northern France offer a rather limited playground when it comes to 9th-grade routes, the task is daunting: training like a beast in the hope of carrying out targeted commando-style expeditions on the cliffs of the south or abroad, and attempting to complete extreme routes during fairly short, almost timed trips, as a change from bouldering sessions in Bleau. Trying to complete a route at one’s limit more than 1,000 kilometers from home over a relatively short period is no easy feat. One must, in particular, contend with unpredictable weather, be highly efficient in one’s tactical approach to the route, manage physical fatigue and skin care, and maintain mental resilience during difficult periods of stagnation and doubt following less-than-successful trips…

Victor Guillermin, a climber from Le Havre who moved to Paris for his studies and competes for the French national team, has already climbed several 9th-grade routes and is more of a stamina climber. For the past three years, he has been working on “Stoking the Fire,” Chris Sharma’s famous 9b route in the Santa Linya cave (Catalonia), and makes regular trips there. Despite unpredictable weather, demanding studies, and competition preparation, Victor continues to make progress on the route with each visit, recently falling on the final difficult move of the crux, hinting at a promising future.

To take his mind off things, Victor recently headed to Margalef, where he breezed through the classic 9a route “Era Vella” (8c+/9a). After a flash attempt where he fell after the middle crux in the second section, the next attempt was successful, with Victor completing a beautiful King Line in the session and showing excellent form. Let’s hope he manages to complete “Stoking the Fire” during the upcoming winter season!

« I came to Spain with the main goal of completing ‘Stoking The Fire,’ a project I’ve been working on for three years now. The first few days were tough, with hot and humid conditions. Then, starting on the third day on the route, my runs began to improve, and with a new approach to the crux of the 9b section (before the rest and the final section, which is easier at 8b+), I got dangerously close to the mid-rest during that first week… then the temperatures rose again. I decided to go climbing in Margalef with a friend for a change of pace, and why not try to flash “Era Vella.” This long and demanding route seemed like a good fit for me, but unfortunately the available videos didn’t fully cover the moves. So my friend climbed the route to try to describe the moves to me, but the difference in style and body type was too great. I finally decided to attempt the flash anyway. But too much hesitation and uncertainty (about how to grab the holds, which ones to use…) caused me to fall in the middle of the crux while reaching a sloper. I still climbed all the way to the top to quickly review the moves. An hour later, I felt ready to give it another go. And that run went really well: I was fast and efficient, skipping as many holds as possible to minimize the number of moves. In the end, after wobbling a bit on the dynamic moves (which I can’t do statically), I sent the route on my second attempt, still feeling relatively fresh at the top. I’m glad I completed this Kingline so quickly, and it shows me that with good preparation, flashing a 9a would be possible (even though I consider Era Vella more of a tough 8c+). »

Victor Era Vella



On the other hand, some power climbers have chosen the Frankenjura. These are Ludo Delmotte and Pierre Shankland. The first, Ludo, a seasoned Bleu climber, has been working on “Action Directe” consistently for nearly four years, making impressive progress that suggests a future French success following Mattéo Soulé’s relatively quick ascent.

« I started trying ‘Action Directe’ three years ago. My first trip there was mainly to see if I liked the place; I knew it was going to be a long-term project (I’d only done one 8b on the crag). And sure enough, the Franken is really top-notch. Then, for the first two years, I came for two weeks in October; I made progress but was still a long way from linking the moves.
This year I decided to step it up a notch: I spent two weeks there in October (unfortunately, the route was completely soaked), and I came back a month ago for a quick trip before returning for another two weeks (my current trip). I’ve already made some pretty interesting links, and I was very close to making a key link a month ago, starting from the second move and finishing to a left-hand mono in the upper section of the route.

For this trip, I’ve decided to only climb Action every third day, so I don’t get too worn out—the flappers are coming really fast on this route – and to have time for other routes. A change of pace won’t hurt. So far, it hasn’t been great, despite perfect weather (which is pretty rare here…). One foot move is giving me particular trouble, even though I was doing it without any trouble a month ago… I still haven’t figured out why. I have two sessions left; it’s not much, but it’s still doable. I’m pretty comfortable with the first move and the rest of the route. I just need to (re)figure out that foot move! »

Pierre Shankland (coll. Minaret)


The second climber, Pierre Shankland, who already has a 9a to his credit in the gorges du Tarn, discovered the area this fall and has just completed one of his projects there: “Sever the Wicked Hand” (8c+/9a), a route first climbed by Markus Bock in 2011 – a rather long route for the Frankenjura, 30 meters long.

« It starts with an approach section around 7b+, then a poor rest before moving into a 7C+/8A fingery boulder. After that, you join the end of “Battle Cat” (the 8c on the left) and climb to the top; I think it’s worth 8a+/b. I came to try Sever in November because I wanted to explore the Frankenjura and this route seemed particularly suited to my style (finger crux followed by endurance). The first trip was pretty unsuccessful due to bad weather. The second 4-day trip was very promising but just a bit too short; I fell several times in the final section and needed one more day. This time, I didn’t give it a chance when I came back! »

Photos : Pierre Minaret, Rainer Eder et coll. Guillermin

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