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Interviews Sud Est-Alpes / South East-Alps

Interview : Florence Pinet, le talent au service de la polyvalence – Interview: Florence Pinet, multi-talented all rounder

(English below)

Rencontre avec Florence Pinet, une des falaisistes françaises parmi les plus discrètes et efficaces. Quand le talent tutoie l’enthousiasme et la polyvalence ! 

– Fanatic Climbing : Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Florence : J’ai déjà 31 ans mais le temps dans ma p’tite tête s’est arrêté à 25, quant à mes p’tites rides, elles, elles continuent à faire leur petit bonhomme de chemin..
J’ai commencé l’escalade de manière assez classique, mes parents aiment la nature, la randonnée… Ils étaient dans un club de montagne, et gamine touche à tout et pleine d’énergie, ils m’ont inscrit à la section escalade… Au début, j’adorais le mur et la compétition. C’est Céüse à l’âge de 13 ans qui m’a fait aimer la falaise et je n’ai pas décroché.
Actuellement, je vis en Provence dans une petite maison de village que nous avons entièrement retapée avec Gé. Mon cercle d’amis (« La Famille» comme on dit !) s’y trouve et je me régale à passer du temps avec eux, j’ai besoin de cet entourage parfois un peu « alternatif » !! Mais la Provence s’est aussi un lieu idéalement situé pour grimper, rien n’est vraiment loin : le Verdon, St Léger, le Briançonnais, les falaises vers Montpellier, Céüse, Annot… Il y a vraiment une grande densité dans un périmètre de 2h de route, c’est un régal pour nous grimpeur =) Enfin, j’adore cette région sauf l’été où il fait trop chaud !
En ce qui concerne le boulot, j’ai un diplôme d’Auxiliaire de Puériculture, j’ai bossé avec pendant quelques temps, ces p’tits bouts me régalent… C’est un métier que j’aime beaucoup et qui parfois me manque mais je suis encore trop à fond « grimpe », j’ai envie de temps pour profiter, voyager et grimper. J’ai donc décidé de marner en ouverture, j’alterne donc entre grosses sessions « vissage de prises » et grandes périodes de temps libre =) Pour l’instant c’est ce dont j’ai envie mais je ne pense pas pouvoir tenir ce rythme indéfiniment, le temps que ça marche je prends !

Florence, portrait, Kendal Moutain film festival 2017 – Photo : Philippe Ribière

– Fanatic Climbing : Tu as un passé de compétitrice, avec notamment ce double titre de championne de France de diff et de bloc en 2009. Quels souvenirs gardes-tu de ces années de compétition ?
Florence : Des sentiments partagés sur ma période de compétition, j’ai toujours aimé bourriner, m’entrainer et progresser. Dans ce sens, le rythme d’un compétiteur me convenait à merveille, il fallait que je me dépense et s’entraîner pour la compétition me rassasiait de cette soif d’ « action ». Bien sûr, mes petites victoires et les finales en coupe du monde réalisées me réjouissaient mais à côté de ça plein d’autres aspects me lassaient… J’ai eu des copains en compétition mais ce n’était pas les amis avec lesquels je partageais en falaise, je m’ennuyais un peu… Pour moi l’entourage est très important… Et puis et il y avait l’attente : se reposer avant la compétition pour être en forme, se déplacer sur le lieu de la compète, attendre pour grimper et pas tant grimper et le retour à la maison… Et pendant ce temps-là, en falaise j’aurai pu avaler plusieurs jours de longueurs et longueurs… Quand tu commences à envier tes copains qui vont dehors et que tu vas en compétition à reculons, je crois qu’il est temps d’arrêter… C’est donc ce que j’ai fait mais j’ai continué à m’entrainer et à progresser, cette fois-ci pas pour des places en compète mais pour réaliser les voies qui me motivaient à l’extérieur.

– Fanatic Climbing : Avec Gé, vous faîtes partie des français qui voyagez le plus pour grimper. Comment expliquez-vous cet appétit, cette boulimie ?
Florence : On a un sport magnifique, il nous permet de grimper dans des lieux de fou et la grimpe à tellement d’aspects différents que je ne peux encore m’en lasser ! Cet appétit de la grimpe je l’explique en partie grâce à ça.
Il m’est parfois arrivé de me lancer dans un challenge qui me motivait à mort « Ali Baba » par exemple. Je bossais à la crèche à cette période et les soirs à la salle je faisais des enchainements de rési en pensant aux 8 longueurs de cette grande voie. Chaque boucle de rési représentait dans ma tête une longueur : L1, puis L2 et ainsi de suite… C’était ma source de motivation, j’ai besoin d’objectif pour m’entrainer… L’enchainement d’ « Ali Baba » a été dur, je suis ressortie de cette aventure heureuse de l’avoir réalisé mais totalement éreintée ! Après ce lourd effort, je ne voulais plus entendre parler de grandes voies ! Heureusement notre sport est merveilleux, nous enchainions sur du bloc à Santa Gadea et j’étais à ce moment-là la plus heureuse du monde : quelques mètres de haut et « seulement » quelques mouvements bien que très intenses (!), tomber sur un crash pad, être déjà au sol et pouvoir y faire la sieste ou le pique-nique en cas de baisse de motivation journalière. C’est donc ça pour moi la joie de notre sport : varier les plaisirs !

Indian Creek, Photo coll. Pinet

– Fanatic Climbing : Vous voyagez pas mal, faites de l’escalade sportive, un peu de trad, du big wall, as-tu une préférence entre toutes ces pratiques ?
Florence : En effet, j’aime profondément cette diversité mais je dirai que mes disciplines de prédilection sont toutes celles qui se pratiquent avec une corde ! Si je devais choisir entre une corde ou un crash pad, je n’hésiterai pas, la corde est ma chouchoute. A contrario, choisir entre couennes spitées, grande voies ou trad climbing, je ne saurai dire… Il est vrai, je fais un peu plus de couennes spitées mais de là à dire que je préfère ça à d’autres pratique, je ne suis pas sûre, je pense que cela dépend des moments… Pour moi ce qui importe vraiment, c’est le cadre, la qualité du caillou et la ligne d’escalade ; si ces 3 éléments sont réunis, je ne vois pas comment je ne pourrai pas aimer y grimper que ce soit du bloc, de la grandes voies… Il s’agit d’escalade.

– Fanatic Climbing : Quelles sont d’ailleurs tes destinations préférées et tes falaises préférées ?
– Florence : C’est une question bien trop difficile ! Comme je l’ai dit plus haut, si la falaise se trouve dans un bel endroit sauvage et qu’il ne faut pas faire la queue pour grimper, le rocher de bonne qualité, les voies naturelles et les lignes pertinentes, j’adore ! Je n’ai pas vraiment de préférence, il y a bien trop d’endroits que j’aime pour en citer, j’en oublierai forcément.
Je dirai qu’avec le temps, j’ai beaucoup de mal à grimper sur du rocher taillé, dans une falaise blindée et dans un lieu peu attirant, finalement je préfère aller en salle que dans une falaise comme celle-là.

– Fanatic Climbing Celles que tu aimerais visiter prochainement ?
Florence : Les images de Li-ming que j’ai vu dernièrement sur Facebook m’ont vraiment « tendue » et j’espère bien visiter cet endroit qui a l’air complètement dingue ! Sinon, je retournerai bien en Irlande, nous y sommes allés le printemps dernier et ce fut un petit coup de cœur, que j’associerai bien avec la visite de l’Angleterre : le Peak District, Pembroke… Et pour finir je citerai Madagascar pour les grandes voies, un voyage qui m’attire depuis longtemps…

Islande – Photo : Raphaël Fourau – Raphaël Fourau Photography

– Fanatic Climbing : Quels sont les grimpeurs qui t’ont influencé ou t’influencent ?
Florence : Un grand classique : étant jeune (et encore !!) Lynn Hill m’a fait rêver avec la réalisation du Nose au Yosemite… D’ailleurs pour moi le Yosemite a longtemps été comme un endroit mythique qu’il me fallait absolument visiter quand je serai « grande » et « capable » ! Il s’agissait comme d’un pèlerinage : gravir un big wall et passer plusieurs jours dans El Cap étaient pour moi un passage obligé dans ma vie de grimpeuse… C’est chose faite avec l’ascension de « Golden Gate » en réversible avec Gé, une de mes plus belles aventures mais je dois reconnaitre que le Yos. admet de nombreux points noirs, la sur-fréquentation des grimpeurs et des touristes ternit un peu le lieu…
Pour en revenir à ta question, globalement j’admire les grimpeurs respectueux des lieux et des autres; ouverts et pas seulement fermés sur la performance mais aussi les gens de caractère qui n’ont pas froid aux yeux et qui vont au bout de leur projet…
A vrai dire la force physique à proprement parlé ne m’impressionne pas tant que ça mais plutôt la nature d’un projet et la manière de le réaliser. A l’heure actuelle, sur les réseaux sociaux je peux voir des gens faire des tractions, du « training », des singeries et des bonds… Je suis convaincue que c’est un passage obligé de la performance qu’il ne faut pas négliger mais j’ai plus de mal à comprendre l’admiration pour cet étalage de force qui n’est pas toujours représentatif du niveau de grimpe… J’ai connu tellement de personnes fortes physiquement qui une fois sur le rocher n’arrivaient pas à s’exprimer, ils ne trouvaient pas le relâchement nécessaire, la bonne respiration, le feeling…
Pour finir, je dirai que les gens qui ont un fort détachement des choses, qui vivent pleinement sans trop planifier les retombées de leur performance sont ceux qui m’inspirent le plus à contrario des grimpeurs qui cherchent à réaliser quelque chose POUR POUVOIR communiquer à tout prix…

Florence à Mollans lors de la fête du Spit 2016. Photo : Jan Novak

– Fanatic Climbing : Que penses-tu de la gestion des falaises en France ?
Florence : Question délicate, d’autant plus que je suis membre Greenspits, il ne faut pas que je me plante ! Je rigole, j’adore Greenspits et j’espère que les mentalités vont encore évoluer dans le bon sens pour un respect de manière générale de l’individu et de la nature. Cette asso nous sensibilise aussi au fait que nous pouvons (ou devons…) être acteur de notre pratique… Sur ce dernier point je ne suis pas la mieux placée pour en parler car malgré un perfo à la maison, je n’ai jamais contribué à l’équipement ou au rééquippement d’une falaise… Je n’en suis pas fière mais j’essaie de m’impliquer à ma manière pour un respect des lieux et des individus… C’est donc sur ce point que je peux un peu plus m’exprimer et si j’y vois un petit point noir, je dirai que dans certains sites quelques grimpeurs ne se préoccupent pas assez de leurs impacts, et ceux à travers un squat en camion ou en tente trop voyant, des bouts de strap laissés au pied des falaises, des trait de magnésie exagérément grands et non brossés, la pause caca trop près des sentiers et du papier qui traine tout autour… Ce qui est également accessible à tous est de changer ou juste virer une vieille dégaine en place ou encore signaler un équipement trop vétuste… Pour finir, j’aimerai remercier tous ces équipeurs pour qui j’ai un grand respect, ils nous offrent sans cesse de beaux cadeaux grimpants ; Merci à eux qui contribuent pleinement au développement de notre activité…

– Fanatic Climbing : Tu formes une cordée inoxydable avec ton compagnon Gérome Pouvreau. La grimpe en couple, ça marche à fond ? Comment vous le gérez ?
Florence : Avec Gé, on se connait tellement que grimper ensemble est juste facile ! Notre vision de l’escalade est quasi identique et on n’a que très peu de désaccord vis-à-vis de ça. J’imagine que le fait d’avoir évolué ensemble depuis très jeune dans ce monde nous a permis d’avoir les mêmes idées sur la grimpe… Pour moi c’est une chance de pouvoir vivre tous ces moments avec lui.

Irlande,: Florence enchaine “End game” E5 6a – Photo : Raph Fourau – Raphaël Fourau Photography

– Fanatic Climbing : Selon toi, quels aspects te paraissent primordiaux pour pouvoir progresser dans la grimpe ?
Florence : Selon moi être fort physiquement est loin d’être « la » solution en escalade, c’est une condition nécessaire mais il est important de ne pas rester focalisé sur le physique… A mon sens le plus important est bien évidement l’envie mais surtout la curiosité. Ne pas hésiter à travailler ses points faibles, aller faire de la dalle, du dévers, de la renfougne… Varier votre escalade le plus possible, ne pas faire sans cesse les mêmes choses même à l’échauffement. En escalade, on apprend tout le temps même dans un niveau « facile », il faut toujours rester humble et si jamais une voie a mauvaise réputation car elle est un peu retord alors c’est une raison de plus pour l’essayer, l’appréhender et comprendre ! Ne pas rester dans son p’tit confort… Et puis soufflez, souriez, ayez la niaque et croyez-y !

– Fanatic Climbing : Te fixes-tu réellement des objectifs chaque année ou grimpes-tu plutôt à l‘instinct, en voyant au jour le jour où le vent t’amène ?
Florence : Chaque début d’an avec Gé on met à plat nos envies (voyages, voies…), on les écrit à la craie sur un tableau noir à la maison, on essaie dans la mesure du possible de caler ça dans notre agenda et on avise ! Mais on ne force pas les choses si d’autres projets motivants s’immiscent dans le planning initial, alors « Yaallla » !

– Fanatic Climbing : Que penses-tu du haut-niveau et des dernières perfs féminines en escalade cette année ?
Florence : Des belles croix réalisées par des belles personnes que ce soit Angela ou Margo, quoi de mieux ! Bravo à elles. Je suis ravie que les filles montrent ce qu’elles peuvent faire et elles n’ont pas à rougir vis-à-vis des gars…

– Fanatic Cimbing : T’investir dans des voies de 9ème degré sans les décoter ça te motive ? Des lignes extrêmes qui t’attirent ?
Florence : A fond, j’adorerai faire un 9a mais mon planning est tellement chargé et parfois cet objectif ne fait pas partie de mes priorités bien que, j’aimerai bien en faire un ! Encore faut-il le trouver ! Et oui, j’aimerai m’investir dans cette cotation mais mon dilemme est de le trouver, j’ai besoin dans ce niveau que la voie me convienne un minimum et bien évidemment que la ligne me motive… J’avais pensé à « Era Vella » mais je sens bien que si j’essaie cette voie ce ne serait « que » pour la cotation car j’ai déjà grimpé sa voisine que je trouve plus classe à grimper et m’investir dans « Era Vella » ne me transcende pas… Mais qui sait un jour j’essayerai peut-être… Il y a aussi « La prophétie des grenouilles » dans le Briançonnais qui pourrait peut-être jouer mais la ligne ne me botte pas plus que ça… Alors je cherche tranquillement, tend l’oreille et on verra bien in’challah !
Quant à ta question, un peu taquine, la décote d’ « Esclatamasters » de 9a à 8c+ est juste mon avis, j’aurai adoré que cette voie soit un brin plus dur pour atteindre ce fameux 9éme degré mais à mon avis il s’agit d’un gros 8c+, de là à ce que ce soit du 9a, je n’en suis pas sûre… Mais finalement cette décote n’a pas vraiment été prise en compte car les quelques personnes qui l’ont répété après moi ont communiqué sur du 9a, pourquoi pas il s’agit de leur jugement.

– Fanatic Climbing : Sur ton blog on voit plein de belles photos. La photographie c’est un hobby ?
Florence : Juste le plaisir d’immortaliser des moments que j’ai apprécié mais rien de fou, mon « bridge » en automatique me convient parfaitement !

– Fanatic Climbing : Quels sont tes projets à venir ?
Florence : C’est drôle car pour moi cette question rejoint celle que tu m’as posé plus haut au sujet des destinations que j’aimerai visiter prochainement…Finalement la destination crée le projet et vice-versa le projet la destination…Et puis elle rejoint aussi ta question à propos du 9éme degré c’est-à-dire qu’un de mes projets est de trouver un 9a qui m’attire et m’y investir.

En savoir plus : Le blog de Florence Pinet

Interview: Florence Pinet, multi-talented all rounder

Meeting with Florence Pinet, one of the most active french female rockclimber. Discret and strong, her talent joins enthousiasm and versatility!

– Fanatic Climbing : Can you do a little description of yourself?
Florence : I’m currently 31 but in my head I stopped at 25. But my little wrinkles continue growing… I started climbing by a classical way, my parents like nature, trekking…They were in a mountain club and registered me in the climbing section. At the beginning, I was fond of indoor and competition. I was 13 when I discovered rockclimbing in Céüse and I fell in love with it. Currently I live in Aix en Provence in a small village house that we completely fixed together with Gerome. My friends are there too and I enjoy spending time with them. Provence is a privileged place for climbing with less than 2 hours drive from Verdon gorge, ST-Léger, Briançonnais, crags of Montpellier, Céüse, Annot…I love this area, apart from summer because it’s too hot ! My job is to take care of children, I’ve worked as nurse for a long time. But I need more time for climbing and travelling, so I decided to start routesetting and then having a lot of free time for climbing. Now it works but I don’t think I’d hold this rhythm for a long period, we will see…

Islande – Photo : Raph Fourau – Raphaël Fourau Photography

– Fanatic Climbing : You did competition in the past, what memories do you keep from this period?
Florence : Some mixed memories. I always liked to train hard and make improvements. In this way, competitor rythm pleased me. I had to push my limits and at that moment my efforts for competition training fulfilled my “thirst for action”. Of course, my little victories and World Cup finals satisfied me but other things bothered me… I had friends from competition but they weren’t the friends I shared something in rockclimbing with, and I got a little bored. For me relations are very important. Then the waiting time was horrible : taking rest before the comp for being in good shape, the travel for the competition, waiting for my turn to climb, not climbing too much and then coming-back home… At that time I could have climbed for days if I had the choice to go outside. When you start to be jealous of friends who are rockclimbing while you are in competition, it’s time to stop. So I stopped competing but I continued to train and make improvements in climbing to be able to achieve lines which motivate me.

– Fanatic Climbing : With Gérome, you are some of the most motivated french climbers for travelling. How do you explain this hunger?
Florence : We have an amazing sport. We climb in dream places and climbing spectre is very large, I never get bored! That’s why I’m all the time motivated. I like the challenge in climbing, like when I was working “Ali baba” multi-pitch for example. I was working in the nursery during the day and I trained hard in the evening, climbing on resistance circuits thinking about the 8 pitches of the route. Every circuit was for me one pitch : L1, L2,… It was my inspiration, I need some goals for training properly. The send of “Ali baba” was hard, I finished exhausted! After this big effort, I wouldn’t want to hear anything about multi-pitch climbing… Fortunately our sport is mervellous, we followed with bouldering in Santa Gadea and I was at this moment the happiest on Earth : few meters high, only few moves, falling on a pad and being on the ground to nap or have a picnic, if I feel tired. For me, it’s the joy of our sport : to diversify the pleasures.

– Fanatic Climbing : You travel a lot, sportclimbing, tradclimbing, bigwall, what do you prefer?
Florence : I like this variety but I woud say that my favourite kind of climbing are the ones with the rope! If I need to choose between a pad and a rope, I will go without hesitations for the rope! But make a choice between sportclimbing and tradclimbing is too difficult for me…I do mostly sportclimbing routes but I’m not sure prefer this kind of climbing to the others. It depends on moments…For me, whatever the style, it’s the place, the rock quality and the line that are the most important things. If this 3 aspects are gathered, I don’t see how I couldn’t like climbing, even if it’s bouldering, multi-pitch climbing… It’s climbing!

– Fanatic Climbing : What are your favourite climbing destinations?
Florence : That’s a very difficult question! As I said above, if the crag is located in a beautiful wild country side, not too crowded with high quality rock, natural routes and clear lines, I’m a fan! I don’t have any preferences. There are many climbing areas I like to choose. I just will say that over the years I’ve avoided to climb on crags with chipped routes, overcrowded and in a place that is not very beautiful. I prefer going to a gym rather climbing in a crag like that.

Flo dans “Esclatamasters” photo : Adrien Boulon

– Fanatic Climbing : The crags you want visit soon ?
Florence : The pictures of Li-Ming (China) I saw on Facebook recently pleased me, and I would like to discover, it looks crazy! I would like to return in Ireland like last spring because I appreciated a lot this place. I will add maybe an England trip : Peak District, Pembroke,… And to finish, I will say Madagascar, a climbing trip that has been inspiring me since a long time.

– Fanatic Climbing : Who are the climbers that motivate you the most?
Florence : A big classical : when I was young, Lynn Hill made me dream with her free-ascent of “The Nose”… For me, Yosemite has always been a mythical place where I should go climbing when I will be older and more experienced. It was like a pilgrimage: climbing a bigwall and spending several days in the route in El Cap were for me a forced step in my climbing life…I did it by  “Golden gate” in alternative lead with Gerome, one of my coolest adventures. However I should admit that Yosemite have some negative aspects too, it’s an over-crowded place by climbers and tourists.
To answer your question, I love those climbers that respect the places and the others, open and not only focused on performing, people with strong personality who are determined and deeply motivated for reaching their goals.
The physical strength doesn’t impress me as much, it is more the character of the project and the way to arrive to tick it. Currently on social media, I can see people doing pull-ups, monkey bouldering games, some jumps…I’m convinced it’s a way to go for reaching the performance in climbing but I have difficulties to understand the vibe around this strength spreading which is not always representing a climbing level… I knew many strong people that, on the rocks, didn’t manage to climb hard, to relax, to breathe correctly, to find the good feeling…
To finish, I would say that people I love the most are those who manage not  to be all the time focused, who live their life without planning the result of their performance, rather than the ones who try to send something to communicate all the time. 

– Fanatic Climbing : What do you think about the rockclimbing management in France?
Florence : Difficult question as I’m Greenspits member, I should answer wihtout saying bullshit! I’m joking, I like Greenspits and I hope mentalities will evolve in the good way for a general respect of the human and of the nature. This association makes  us sensitive to the fact that climbers should be actors to their practices. I’m not the best to talk about the last point, because we got a drill at the house and we never re-bolt some routes. I’m not proud of this and I try to be focused with my own way for a better respect of the crags and the climbers. I can say that it is a bad fact that some climbers are not touched by their impact on the environment : squatting everywhere with their vans or their tents, leaving their strap down to the routes, leaving their poo and toilet paper too close to the access paths… Another easy way to take, is to change old quickdraws in climbing routes, or doing some feedbacks about old and poor bolts. Finally, I want to thank all this climbers who are spending their free time for bolting. I have a deep respect for them, they offer to us some nice climbing gifts. Thank to the bolters who help to our sport development improvement.

Trad en Islande Photo : Adrien Boulon

– Fanatic Climbing : With Gerome you are a couple climbing team. Climbing in couple, does it work? How do you manage it?
Florence : With Gerome we know each other very well so climbing together is very easy! Our climbing vision is the same and we rarely disagree on that. I think the fact to have grown together since we were young, allows us to have the same ideas. , I’m lucky to live all this moments with him.

– Fanatic Climbing : For you, which sides are important for making improvements in climbing?
Florence : I think that to be physically strong is not “The way” to climbing. It’s a necessary condition but it’s important not to be focused only on physical abilities… In my opinion, the most important thing is the motivation, mostly the interest. Don’t hesitate to work you weakness, go climbing slabs, overhangs, odd climbing,…Change your climbing as much as you can, don’t do the same things for warm-up. In climbing, we learn all the time, even in easy climbs, you must stay humble and if a route has a bad reputation because there are some odd and tricky moves, it’s a reason more for trying, learning. Don’t stay in your comfort zone…Breathe, smile, don’t give up and believe in you!

– Fanatic Climbing : How do you set some goals in climbing for every year? Or do you work by instinct, day after day?
Florence : At the beginning of every year we plan with Gerome our motivations (travels, routes,..), we write them on a black board, we try to plan all the things in our agenda and we decide. But we never force the things if other nice projects are coming in the first planning, so “yaalla”!

– Fanatic Climbing : What do you think about high level and recent female ticks in climbing this year?
Florence : Some nice sends done by nice persons, Anglea and Margo, what could be better! Congrats. I’m very happy that women show what they can do in climbing, they don’t have to blush compared to men’s perfromances.

Islande – Photo : Raph Fourau – Raphaël Fourau Photography

– Fanatic Climbing : To invest some time in 9th grade routes without downgrading it, is it a source of motivation for you? Some extreme lines which inspire you?
Florence : Yes, I would like do a 9a but my planning is full and sometimes this goal is not my priority even though I would like to send one! But I need to find it! Yes, I would like to invest some time in this grade, but my dilemma is to find a line…I was thinking to “Era Vella” but if I try this route it wil be only for the grade, because I did the neighbouring route (note : “Coma san pere” 8c+) which is better to climb for me… But maybe one day…There are also “a prophétie des grenouilles” in Briançonnais which could be suitable for me, but the line doesn’t really attract me…So I’m peacefully searching, we will see! About your question a bit teasing, the downgrade of “Escalatamasters” to 8c+ is just my point of view, I would like this route was a little bit harder for reaching this 9th grade, but in my opinion it’s just a hard 8c+, not sure about 9a… But finally my downgrade proposition has not been considered by the few climbers who repeated the line after me, they claimed a 9a, why not, it’s their opinions.

– Fanatic Climbing : On your blog we can find some nice pics. Is Photography your hobby?
Florence : Just the pleasure to immortalize some moments I enjoyed, but nothing serious, just my “bridge” camera in automatic mode suits me well!

Fanatic Climbing : what are your plans in the future?
Florence : It’s funny because it joins the question above about the destinations I wanted to go. The destination creates the project and the project creates the destination… And for me, this question is linked to the question about the 9th grade too, so one of my projects is to find a 9a which makes me dream and gives me the motivation to invest some time into it. 

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Florence, La Tournée du patron, 8c+, St-Léger – Photo : Raph FourauRaphaël Fourau Photography

 

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