Adam Ondra est souvent considéré comme le meilleur grimpeur au monde, de par sa polyvalence et sa longévité, capable de coups d’éclat dans plein de domaines aux 4 coins du monde depuis près de deux décennies. Grande-voie, trad, bloc, compétitions internationales… et bien sûr son dada principal, la couenne avec d’innombrables exploits, comme par exemple l’établissement des premiers 9b+ et 9c mondiaux. Mais au-delà du champion, Adam est toujours resté quelqu’un de simple et abordable, et un véritable passionné de caillou, d’une curiosité colossale, avec une soif de grimpe toujours aussi inépuisable et marquante. Il nous l’a encore prouvé en cette fin de week-end, où, quelques minutes après avoir terminé-lessivé-au pied du podium à Laval, il nous a contacté. « Hey, quel est l’état du toit d’Orsay ? J’irais bien m’y faire une session demain avant la correspondance de mon trajet retour. »
Après une bonne discussion et un topo des lieux, j’essaie de lui trouver des acolytes de grimpe, car malheureusement, après deux mois de falaise sans obligation professionnelle je ne suis pas disponible pour l’accompagner en ce lundi de rentrée, et comme souvent montré dans ses vidéos, Adam adore partager ses séances avec les locaux. La poignée d’autres grimpeurs du cru contactés ne sont malheureusement pas plus disponibles que moi, et c’est finalement Lucien Martinez qui se motive en transports en commun depuis Bleau pour escorter sa team.
Il y a 17 ans j’accompagnais Rémy Bergasse dans l’intégrale de « Quoi de neuf », et après avoir renforcé les prises et les écailles suite au glissement de terrain et à l’écroulement de la grosse écaille du début de l' »Acte 1″ l’an dernier, voir Adam Ondra de passage au toit d’Orsay, c’est un bel hommage et une belle récompense et publicité pour ce petit endroit atypique, avec une grimpe sur des prises naturelles et des mouvements complètement incroyables, dans l’un des spots de grimpe les moins bucoliques de la planète, en bordure de 2×2 voies. Niveau perf’, le style plutôt long des passages pourrait en revanche convenir à Adam à merveille, avec notamment des flashs d’anthologie au programme, et une réminiscence de notre « Tour de flash » de l’an dernier dans nos esprits. Les passages classiques, comme l' »Acte 2″, « Vertical Art », ou encore la version post-casse de « La Force » d’Alban levier, le « Réveil de la force » (8B+, ré-ouvert par Théo Charmasson) lui sont donc proposés.
Après un échauffement et le flash de « Trinity » (7C+), la version de sortie de gauche la plus difficile du toit, notre mutant tchèque a malheureusement calé à 3 reprises dans « Le réveil de la force », le mouvement d’épaule très puissant et à sensations, passage clé de l' »Acte 2″ lui causant des problèmes. « La difficulté de ce toit réside pour moi dans ce mouvement d’épaule » résume t’il me narrant sa session, mouvement qui sera le seul mouvement où il tombera dans la séance. Pas grave, l’absence de possibilité de flash extrême n’entame pas sa motivation et Adam finit par débloquer la première ascension que nous lui avions conseillé la veille, au nez et à la barbe de Killian Chabrier qui avait ouvert la version raccourcie et qui en faisait un fil rouge. Ainsi « Little boy du fond » 8B+/C est né ! Pour finir la séance, ce sera « Vertical art » (8B+) qui sera répété, après 4 essais supplémentaires pour pouvoir réussir ce mouvement d’épaule, Adam se payant le luxe de flasher la sortie dans « Morpheus » (7C puissant et un brin aléatoire) pour la beauté du sport.
Bravo à lui pour cette belle journée de récup’ ! Stricto sensu rien de monumental et d’extraordinaire au regard de ses capacités, mais remis dans le contexte que cette session n’était qu’une sorte de décrassage après 2 jours intenses de compétition internationale, cela devient tout de même sacrément impressionnant ! De là-haut, Rémy Bergasse a dû apprécier…
À bientôt donc, car il est fort possible que nous aurons de nouveau l’occasion de traquenarder notre ami tchèque dans un endroit improbable un de ces quatre !
Texte: Pierre Délas
Adam Ondra is often regarded as the world’s best climber, thanks to his versatility and longevity, having achieved remarkable feats across a wide range of disciplines all over the world for nearly two decades. Multi-pitch, trad, bouldering, international competitions… and, of course, his main passion: single pitch sport climbing routes, with countless achievements to his name, such as setting the world’s first 9b+ and 9c routes. But beyond being a champion, Adam has always remained a down-to-earth and approachable person, a true rock-climbing enthusiast with boundless curiosity and a thirst for climbing that remains as inexhaustible and remarkable as ever. He proved this to us once again at the end of this weekend, when, just a few minutes after finishing-exhausted-just off the podium in Laval, he got in touch. “Hey, what’s the state of the Toit d’Orsay? I’d love to go for a session there tomorrow before my connecting travel home.”
After a good chat and a rundown of the spot, I tried to find him some climbing partners, because unfortunately, after two months of rock climbing without any work commitments, I wasn’t available to join him on this first Monday back at work, and as is often shown in his videos, Adam loves sharing his sessions with locals. The handful of other local climbers I contacted were, unfortunately, no more available than I was, and in the end it was Lucien Martinez who made the effort to travel by public transport from Bleau to join his team.
Seventeen years ago, I accompanied Rémy Bergasse on the full ascent of “Quoi de neuf”, and after reinforcing the holds and flakes following last year’s landslide and the collapse of the large flake at the start of “Act 1”, seeing Adam Ondra visit the Orsay roof feels like a wonderful tribute and a great reward and publicity for this little, unusual spot, with climbing on natural holds and absolutely incredible moves, in one of the least idyllic climbing spots on the planet, right next to a dual carriageway. In terms of performance, the rather long-drawn-out nature of the sections might, however, suit Adam perfectly, with some truly memorable flash ascents on the programme, and a reminder of our ‘Flash Tour’ from last year fresh in our minds. Classic routes such as “Acte 2”, “Vertical Art”, and even the post-break version of Alban Levier’s “La Force”, “Réveil de la force” (8B+, re-opened by Théo Charmasson), are therefore on offer.
After a warm-up and a flash of “Trinity” (7C+), the most difficult left-hand exit of the roof, our Czech climber unfortunately stalled three times on “Le réveil de la force”, with the powerful shoulder move – a key section of “Act 2” – causing him problems. “For me, the difficulty of this roof lies in that shoulder move”, which turned out to be the only move where he fell during the session. No matter; the fact that an extreme flash wasn’t on the cards didn’t dampen his motivation, and Adam eventually managed to complete the first ascent of the route we’d recommended the day before, right under the nose of Killian Chabrier, who’d opened the shortened version. And so “Little Boy du Fond” (8B+/C) was born! To round off the session, he repeated “Vertical Art” (8B+); after four more attempts to finally nail that shoulder move, Adam treated himself to the luxury of flashing the exit of “Morpheus” (a powerful and slightly unpredictable 7C) just for the sheer joy of the sport.
Well done to him for a brilliant ‘recovery day’! Strictly speaking, it was nothing earth-shattering given his abilities, but when you consider that this session was just a sort of warm-down after two intense days of international competition, it’s still pretty impressive! From up there, Rémy Bergasse must have enjoyed the view…
See you soon, then, as it’s clear we’ll have another chance to track down our Czech friend in some unlikely spot before long!
Text: Pierre Délas



