Après avoir coché certaines des fissures les plus dures au monde (« Magic Line », « Meltdown », « Lurking Fear » et bien d’autres), ce n’était qu’une question de temps avant que le grimpeur italien ne mette les doigts dans la nouvelle ligne de référence du haut niveau d’escalade libre sur coinceurs !

Repérée par Didier Berthod, cette ligne au nom bien rock’n’roll fut d’abord travaillée par Connor Herson et Ethan Salvo. Le grimpeur canadien aura d’ailleurs assuré Connor dans sa première réalisation et Pietro Vidi pour la première répétition. Il aura fallu 15 sessions et une dizaine d’essais du sol au grimpeur italien pour clipper le relais, avouant que la voie a viré à l’obsession pour lui.
« J’étais complètement accaparé par la voie, je me baladais en ville et partout où je trainais, je levais la tête vers The Chief et je voyais cette trainée blanche qui me narguait ».
Le caractère exigeant de la voie, demandant précision, un travail démoniaque dans le jeu de pieds et du relâchement dans des mouvements aléatoires est aussi souligné.
« Cette ascension est incroyablement complexe et technique, d’une manière que je n’avais jamais connue auparavant. Il faut être d’une précision folle dans le placement de chaque doigt sur les pinces et fissures du crux, et apprendre à caler ses orteils dans ces petits trous… Dans le plus pur style de Squamish, il est impossible de se contenter de juste forcer. Il faut laisser son corps flotter. »
Tout comme Connor Herson l’expliquant ici pour lui-même, le profil de Pietro Vidi croise plutôt l’escalade de bloc avec la grimpe sur coinceurs. En effet, il excelle aussi en bloc avec des réalisations impressionnantes jusqu’à 8C+, et la décote mémorable du bloc de Charles Albert « L’ombre du voyageur ». Cette combinaison rare entre le bloc extérieur à haut niveau et le trad le poussera peut-être à proposer de nouvelles références de difficulté dans le 9b ?
La côte de Connor Herson a mieux résisté que celle de Charles Albert. Pietro a pourtant avoué avoir trouvé un nouveau repos sans les mains et opté pour moins de protections dans le début de la voie (peut-être un enseignement de sa razzia des plus belles lignes du Royaume-Uni l’été dernier). Il ne manque plus que Pete Whittaker y mette les doigts, à moins qu’Ethan Salvo ne coche bientôt la troisième ascension!
Crédit photo: Pietro Vidi et Quinn Mason

After ticking off some of the hardest cracks in the world (Magic Line, Meltdown, Lurking Fear and many others), it was only a matter of time before the Italian climber got his fingers into the new benchmark route for cutting-edge trad climbing!
First spotted by Didier Berthod, this line with a very rock’n’roll name was initially worked by Connor Herson and Ethan Salvo. The Canadian climber actually belayed Connor on the first ascent and Pietro Vidi on the first repeat.
« The line is absolutely gorgeous, following two gently overhanging, parallel cracks towering above the city, offering some of the sickest grips around, » said Vidi. « The process was a pretty tough one. It’s been a while since I’ve put this many sessions into a project, and as usual, I got totally obsessed. This time was especially all-consuming. It felt like the Drifter was watching me from every angle of town. Everywhere I went, I could see the Chief and that curving white panel staring back at me. »
Despite his experience across some of the world’s hardest boulders, trad routes and big walls, Vidi found the climbing on Drifter’s Escape unusually demanding. Its intricate sequences required extraordinary precision, subtle footwork and the ability to remain relaxed on the insecure holds.
« The climb is incredibly complex and technical in a way I’ve never experienced before. You need to be insanely precise with how you place every single finger on the crux pinches and cracks, and learn how to jam your toes into those thin pods. In classic Squamish style, it’s impossible to just try hard. You need to let your body float. »
Just as Connor Herson explains here for himself, Pietro Vidi’s profile is more of a blend of bouldering and trad climbing. Indeed he also excels at bouldering, with impressive achievements up to 8C+, including a memorable downgrade of Charles Albert’s boulder problem ‘L’ombre du voyageur’. Might this rare combination of high-level outdoor bouldering and trad climbing prompt him to set new benchmarks for difficulty in the 9b/5.15a range?
Connor Herson’s grade has held up better than Charles Albert’s, though. Pietro nevertheless admitted to finding a new no-hand rest and placing less gear on the lower section of the route (perhaps a lesson learned from his rampage through some of the UK’s finest lines last summer). Now all that’s missing is for Pete Whittaker to get his fingers on it, unless Ethan Salvo bags the third ascent first!
Photos: Pietro Vidi and Quinn Mason


