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Seb Berthe The Dawn Wall
Amérique du Nord / North America Bénélux / Benelux Big Wall Interviews

Interview: Seb Berthe & The Dawn Wall

  • 05/09/2022

Rentré durant l’été du trip Big Wall extrême au Yosemite en voilier, le grimpeur Belge Seb Berthe est revenu pour nous sur toute l’aventure “Cap sur El Cap” et répond sans tabous à nos questions sur son ambitieux projet entamé avec son compère Siebe Vanhee : tenter de répéter en libre le fameux Dawn Wall ! Le voyage, la découverte de la voie, la tentative d’enchainement. Vous saurez tout dans les détails avec l’interview ci-dessous !

– Pourquoi avoir décidé de vous rendre en Amérique en voilier pour tenter un objectif si élevé avec un big wall de cette difficulté ? Le voyage ne vous a pas trop fatigué ? Pas trop compliqué niveau logistique ?
Le choix du voilier vient d’une envie, d’un besoin, de limiter mes/nos impacts environnementaux en diminuant notre consommation d’énergie fossile. Dans les conditions actuelles, réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à ma pratique de l’escalade et aux voyages est désormais pour moi une priorité, voire une nécessité. J’avais encore ce gros objectif d’aller visiter le Yosemite et son fameux “Dawn wall”, alors j’ai pensé à cette alternative au voyage classique en avion, le voilier. On a mis plusieurs mois pour monter le projet, trouver les financements, préparer le bateau,… En octobre 2021, après presque un an de rêve et d’investissement, on est finalement parti à 8 (dont 6 qui n’avaient jamais navigué avant) depuis l’Espagne sur Samsara (notre bateau de 15m) à l’assaut de l’Atlantique.
Ce projet a également été l’occasion de découvrir le voyage “lent”, de prendre la mesure réelle des distances, de faire du voyage une réelle aventure.
Oui, le voyage nous a fatigué, et cela a été un véritable challenge logistique et organisationnel. Entre les recherches de financement et visa, les procédures administratives, les demi-nuits sommeil liées à la navigation, les efforts pour se maintenir en forme, les escales passées à réparer et préparer le bateau pour sa prochaine traversée,… D’un point de vue social, ça a été aussi une véritable expérience: quand on part comme ça en groupe sur un voilier pendant 9 mois, on dépend tous les uns des autres. Chacun doit donc s’adapter au groupe, faire des compromis, poser des actions pour la communauté,… Ce voyage a ainsi été l’occasion de perfectionner nos habilités à débattre !

Seb Berthe The Dawn Wall

– Comment s’est passée votre acclimatation au Yosemite, comment étaient les conditions ? Quand êtes vous partis, arrivés sur place, repartis ?
Je suis arrivé au Yosemite début janvier, exactement 3 mois après notre départ d’Espagne. On est resté 4 mois, et nous avons dû repartir début mai vers le Mexique où se trouvait le voilier. Pour le retour, nous avions la contrainte temporelle des ouragans et cyclones qui arrivent dans la zone des Antilles et de la côte Est des USA à partir de mi-mai.
L’arrivée au Yosemite n’a pas été un moment facile bien que ça reste un super souvenir. Toute la vallée et tous les sommets de murs étaient couverts d’un épais manteau de neige. Il faisait froid, mais assez beau. J’étais super content d’être là et avais bien hâte d’en découdre !
Alors on s’est lancé sans plus attendre dans la voie, ce qui était sans doute une erreur. Le “Dawn wall”, malheureusement, laisse peu de place à l’adaptation progressive: tu te retrouves très rapidement dans le vif du sujet. Les premières longueurs sont déjà très exigeantes techniquement, avec une gestuelle et des prises de pieds propres au Yosemite. Elles sont aussi relativement engagées. Autant dire qu’avec Siebe, on a pris une belle claque. La longueur 3, cotée 8a+, nous a déjà bien donné du fil à retordre. On a eu du mal à décortiquer les séquences. La longueur 6, 8a+ aussi, a une superbe section obligatoire dans un dièdre bouché et impossible à protéger. On a bien galéré à passer la section et à monter la corde au sommet de la longueur. A partir de là, toutes les longueurs ont été un véritable challenge, rien que pour monter au relais, en libre quand on pouvait, la plupart du temps en artif, rarement on arrivait à comprendre les mouvements. La plupart des protections sont très petites et il faut parfois vraiment grimper au-dessus de pièces de protection d’artif, comme birdbeak ou des coperheads, qui ne sont à priori pas faites pour réceptionner des chutes. C’était pour moi la première fois que j’utilisais un marteau pour frapper des pièces d’artif dans les fissures.
Bref, pour moi, tout cela plus de deux ans après avoir grimpé en trad pour la dernière fois, ça a été un peu rapide et ne m’a pas mis en confiance.
Au bout de 3 jours sur la voie, on a enfin pris la mesure réelle de ce qu’impliquerait ce projet…
Petite anecdote par rapport aux conditions: il y a un petit détail à connaître sur El Cap lorsqu’il fait froid après des périodes pluvieuses de pluie ou de neige (ce qui avait eu les 3 semaines précédant notre arrivée). De la glace se forme la nuit au sommet du mur (on peut comparer ça au “sucre sur le bord d’un verre de margarita” dixit Kevin Jorgeson dans le film “Dawn Wall”), et tombe sous forme de projectiles durant la journée. L’endroit où chutent ces projectiles est complètement aléatoire, et leur taille varie du petit glaçon qui refroidit ton cocktail à la glacière dans laquelle tu refroidit tes bières. Ces morceaux de glace prennent dans leur chute des vitesses impressionnantes ce qui nous a plusieurs fois causé de belles frayeurs.

Portaledge


– Combien de temps avez-vous passé sur place ? Quelles ont été les différentes périodes ?
Les mois de janvier et février ont été consacrés au travail de la voie. On a mis deux semaines à monter la corde au sommet du mur, checker chaque longueur, chaque mouvement, le tout avec de belles surprises. On a par exemple, dans les dernières longueurs (à priori plus faciles) été bien embêtés par des grosses coulées à cause de la neige qui fondait depuis le sommet. Ces coulées formaient littéralement des cascades dans les fissures des dernières longueurs, ce qui nous empêchait de grimper en libre et a bien pimenté l’aventure. Quand, en plein hiver, on est arrivé au sommet d’El Cap, la neige était bien présente. La descente sur des dalles de granit le long de la face, déjà bien bien sportive en été par temps sec, s’est avérée être intéressante elle aussi. Nous n’étions pas du tout équipés pour évoluer de nuit sur cette dalle raide recouverte d’une couche de neige et de glace.
À un rythme de deux jours de grimpe / deux jours de repos, nous avons fini par apprivoiser le style et les différentes sections de cette voie. Au bout de deux mois, je n’avais toujours pas enchainé de longueur, mais j’avais fait tous les mouvements, ce qui initialement n’était déjà pas une mince affaire.
Pendant cette période de travail, les conditions n’ont pas toujours été faciles: sur ce mur qui passe au soleil dès les premières heures de l’aube, soit il fait trop chaud et il est dès lors impossible de vraiment essayer les sections crux, soit le vent se lève et il peut alors faire beaucoup trop froid pour grimper (c’est la première fois de ma vie que j’ai VRAIMENT eu trop froid pour continuer à grimper). Plusieurs fois, nous avons dû abandonner l’idée d’aller grimper à cause de tempêtes de vent. On a même été obligé de quitter la vallée à cause du risque de chutes d’arbre. Plusieurs fois, au bout de 400m de remontée sur corde en plein soleil pour aller travailler les longueurs dures, je me suis retrouvé avec une belle insolation à ne pas pouvoir grimper, vomissements et diarrhée à la clé.
Au mois de mars, j’ai fait une petite pause pour récupérer avant de me lancer dans un essai de push. Siebe est parti début mars pour des obligations professionnelles avec l’idée de revenir en avril, mais je ne pouvais pas, d’un point de vue météorologique, me permettre d’attendre son retour pour mettre mon essai de push (étant donné que pour ma part, je devais partir début mai). J’avais beaucoup d’amis dans la vallée bien motivés pour m’assurer et m’aider, alors j’ai décidé de mettre mon essai seul, et mes potes s’alterneraient pour me soutenir. J’ai hissé près de 150kg d’eau et de matériel et suis parti pour 23 jours intenses de push (description plus bas).
Je suis alors descendu du mur vers la mi-avril et il me restait environ un p’tit mois dans la vallée, et je voulais vraiment en profiter pour grimper d’autres choses et supporter Soline Kentzel (ma copine) dans ses projets à elle.
Les dernières semaines dans la vallée ont été géniales avec beaucoup de grimpe: on a fait “Golden Gate” en 9 jours pour une sacrée aventure pimentée de tempêtes de neige mémorable. Ensuite j’ai pu faire “El Nino” à la journée sans jamais avoir essayé avant (et ai loupé de peu le ‘à vue à la journée’, ce qui reste encore une performance jamais accomplie sur El Cap). Cette journée reste sans doute une des plus belle journée et performance de ma vie ! Enfin, j’ai terminé mon séjour par un essai dans un autre rêve que j’avais : enchainer deux voies en libre sur El Cap à la journée, “Golden Gate” et “El Nino”, 2000m d’escalade exigeante et intense à accomplir le plus vite possible. Seul Tommy Caldwell est parvenu à accomplir cet exploit. Malheureusement, je suis arrivé à bout d’énergie vers les ⅔ de la deuxième voie. Je suis tout de même assez satisfait et fier de cet effort: j’ai pu faire “Golden Gate” en libre en 11h, et été assez proche d’enchainer “El Nino” dans la foulée, de nouveau probablement une des plus belles journée de ma vie.

– Quelle a été la stratégie mise en place pour travailler la voie sur la période que vous vous étiez donné ?
Notre premier objectif, afin de nous préparer à une potentielle tentative de push, était de faire tous les mouvements de toutes les longueurs et d’essayer de tout retenir, ce qui n’est pas une mince affaire et demande d’énormes efforts de mémorisation. En plus des innombrables prises de pieds et de mains qui sont impossibles à différencier car tout se ressemble, il faut retenir tous les placements de protections qui sont parfois très délicats. Pour ne rien oublier, on a évidemment tout décrit et noté en détail, ce qui demande pas mal de rigueur.
Ensuite, il nous fallait maîtriser les longueurs crux, principalement la 14e. Cela a été notre focus principal. Pour cela, il fallait remonter 400m sur nos cordes fixes, attendre que l’ombre arrive sur la longueur avant de pouvoir essayer, décortiquer les mouvements et trouver des solutions.
De mon côté, je voulais absolument avoir fini cette période de travail suffisamment tôt pour pouvoir mettre une tentative de push dans les temps (et que les conditions soient toujours assez fraîches pour avoir une chance d’enchaîner). Il y avait donc une pression de temps non-négligeable.
Les grandes questions stratégiques concernaient surtout la gestion de la peau et des chaussons, ingrédients essentiels pour le Dawn Wall. Pour la peau, il fallait absolument ne pas aller trop loin et la soigner au mieux sous peine de devoir s’arrêter pour de bon pendant une semaine. Par rapport aux chaussons, je me suis littéralement cassé la tête pour le choix du modèle pour telle ou telle longueur: plus rigide? plus neufs? ressemelés? Poncer la semelle? … J’ai testé beaucoup de tactiques différentes avant de trouver la bonne.

Seb Berthe The Dawn Wall

– Quels ont été les principales étapes dans votre processus de travail ?
Découverte de la voie – fixer les cordes – monter un fois au sommet – faire tous les mouvements – travail des sections – mémorisations – repos et préparation pour le push – essai de push

– Que penses-tu des longueurs de la voie, notamment des longueurs clé ?
Cette voie est un véritable chef-d’œuvre: toutes les longueurs sont incroyables, rien est à jeter. La ligne, les mouvements, l’ambiance, la difficulté, l’exigence,… Tout dans le “Dawn Wwall” justifie la renommée qu’il a acquis. Tommy a fait un superbe travail: il n’a ajouté que le minimum de plaquettes pour que la voie puisse passer en libre respectant ainsi les voies d’artif par lesquelles on passe. Et quelle recherche il a dû faire pour que ça passe?! On comprend en grimpant ces longueurs pourquoi ça a été un travail de plusieurs années, et on sent que la voie a été ouverte par un véritable expert d’El Capitan. J’ai été impressionné, bien sûr par les longueurs dures, ces fameuses traversées, mais aussi par les longueurs plus faciles. Même les 8a, 8a+ ou les 8b seraient de vraies king lines partout dans le monde, toutes plus exigeantes les unes que les autres.
Par rapport aux longueurs clé, les deux 9a, les deux traversées, elles sont exceptionnelles, effrayantes et exigeantes. Il y juste ce qu’il faut en terme de prise, ni trop ni trop peu, pour que ça passe.
Les premiers essais dans ces longueurs, surtout la 14, sont déroutants. La 14 est une longueur assez courte: 3 sections de bloc entrecoupées de repos moyens. Les blocs sont très à méthodes, et au début, tu n’y comprends rien, ça ne semble presque pas possible. Il faut vraiment faire preuve de créativité et d’imagination! Et encore, nous on savait que ça passait! Et puis, après de belles sessions de travail (plusieurs fois de nuit pour bénéficier de conditions suffisamment bonnes), on a commencé à dompter les mouvements. Mais même quand tu as compris, ça tient presque du miracle de rester sur le mur tant les pose pieds sont aléatoires.

– Le style Yosemite ne vous a pas trop dérouté ? Comment ça se passe niveau engagement ?
C’était la 4e fois que j’allais au Yosemite et j’ai déjà fait pas mal de voies sur El Cap ou sur d’autres murs de la vallée. Siebe n’en était pas à son coup d’essai non plus. Du coup, nous savions plus ou moins à quoi nous attendre, même si le “Dawn Wall”, c’est encore autre chose que tout ce que nous avions essayé jusque là.
L’engagement, comme je l’ai décrit dans la 2e question est assez important comparé à de l’escalade sportive, mais je crois pouvoir affirmer que les chutes dans le “Dawn Wall” ne sont pas réellement dangereuses, en tout cas d’un point de vue vital : le mur est si raide, il y a si peu de vires, que tu peux te permettre de prendre de très longues chutes sans forcément te faire mal ou en tout cas pas gravement. Il m’est arrivé de prendre plusieurs longues chutes où j’ai arraché plusieurs pièces de protections sans pour autant me blesser.
Là où on peut parler de danger par contre, c’est que tu es sans cesse dans des situations où l’erreur est interdite. On évolue en permanence sur des cordes fixes qui s’abîment (notamment les journées de grands vents), on doit en permanence vérifier nos noeuds et nos perso,… Le vrai danger arrive sans doute quand toutes ces manœuvres se transforment en routines et habitudes, que la peur disparaît, et qu’on est plus aussi attentif. Voici à titre d’exemple: la vie dans le portaledge qui au début peut être impressionnante devient assez vite plutôt normale. Au début tu te vaches en double en permanence, et après plusieurs jours, tu enlèves le baudrier pendant la nuit, et même pendant la journée…
D’un point de vue engagement, faire des voies sur El Cap à la journée comme j’ai fait en fin de séjour dans “Golden Gate” ou “El Nino”, est bien plus engagé que de travailler le “Dawn Wall”. Il faut aller vite, et pour cela, placer moins de protections, faire des longueurs en corde tendue,… C’est souvent dans ces conditions là que les chutes peuvent être dangereuses.

Seb Berthe The Dawn Wall

– Quels problèmes avez-vous rencontré particulièrement au travail du big wall ?
Toute la logistique propre au big-wall est intéressante et fait vraiment la différence par rapport au travail d’une voie sportive.
Le style et la stratégie de travail que nous avons adopté est un style lourd, c’est-à-dire que nous avons équipé la voie de corde fixe. Nous avions près de 900m de corde fixée dans la voie. Ce travail de fixation des cordes, comme je l’ai décrit plus haut, a été particulièrement éprouvant et nous a pris pas mal de temps et d’énergie.
A partir de là nous pouvions quand on le voulait, travailler la longueur que l’on voulait travailler. Mais celà implique souvent beaucoup de choses à faire et à penser: remonter des centaines de mètres au jumar, de hisser un sac, ne rien oublier, prévoir le bon rack de coinceurs, vérifier les cordes qui s’abîment au fur et à mesure (on doit s’assurer que les protèges-cordes soient bien placés), régler les portaledges,…
L’autre problème propre au big-wall, c’est la gravité et les objets que l’on emmène avec soi 😉 La moindre erreur d’inattention, et c’est un chausson, un grigri, un coinceur, ou autre qui s’échappe vers le vide. Il faut toujours attacher les choses, être attentif, et ça aussi au bout de plusieurs mois ça amène de la fatigue.

– Avez-vous tenté un push ? Comment ça s’est passé ?
Oui, pour résumer, j’ai mis deux mois de travail dans la voie avant de me lancer dans l’essai de push de 23 jours.
Voici le résumé plutôt factuel de ma tentative de push:
-‌j1: 4 premières longueurs, dure journée ou j’espérais faire plus, mais je casse une prise dans le crux de p3 (5.13c) et met 4 essais pour recaler et en venir à bout.
-‌j2: repos pluie
-‌j3: p5 – p6 et 5 essais non validés dans p7
-‌j4: repos
-‌j5: p7, p8, p9 très bonne journée !
-‌j6: repos pluie
-‌j7: p10, p11 et p12 ==>meilleure jour de tout l’ascension, deux 5.14 dans la même journée
-‌j8 repos
-‌j9 p13 + Essais dans la 14 tombe au dernier crux, cale le dernier crux, trouve pas la solution
-‌j10: repos
-‌j11: trouve la solution du pied dans le dernier bloc de la 14, 2x essais jusqu’à la fin, jarte de la vertic inter, puis 4 essais à zipper au premier bloc
-‌j12-13: repos
-‌j14: zippette au premier bloc puis meilleur essais je tombe avec la prise finale en main. Encore 5 essais à zipper au premier bloc. Déception des conditions qui étaient sensées être incroyables. Mal de tête et fatigue car insomnies dues à l’excitation.
-‌j15: repos
-‌j16: j’ouvre mon annulaire salement dans le premier pas de bloc, quelques essais pour le passer puis un essai jusqu’à la dernière section où je zippe
-‌j17 repos
-‌j18 bonnes sensations, je recale le pas de bloc final, ce qui me prend du temps car je zippe, ne trouve pas la bonne paire. Plusieurs essais avec chute au premier pas de bloc ou j’ ouvre mon index gauche, puis je passe in extremis et je tombe au deuxième crux, les chaussons ne conviennent pas.
-‌j19- 20 -21: trois jours de repos, je tente tout pour le tout pour réparer l’index
-‌j22 je considère cette séance comme ma dernière chance, je me sens super bien mais enchaîne les zippettes et les déceptions dans le premier pas de bloc, très proche d’y arriver plusieurs fois . Mentalement c’est dur, je ne veux plus être là j’en ai marre. Le plaisir n’est plus trop là et je reste pour être sûr d’avoir tout essayé et ne pas avoir de regrets.
-‌j23: deux essais le matin, le soleil arrive trop vite et j’ai mal aux doigts, et deux essais le soir me sens bien et fort mais je jarte en me cassant un ongle à l’essai 1 et ne peux plus utiliser l’index à l’essai deux
Je descends le soir même.
Pourquoi je suis redescendu? “Excuses de l’échec/abandon”
-‌Fatigue mentale
-‌Plus de plaisir
-‌Envie de faire autre chose, de profiter de la vallée du voyage, de ce qui se passe ailleurs que sur cette voie
-‌Chaussons plus assez bons (diminuait drastiquement mes chances d’enchaîner cette longueur)
-‌Style et l’éthique de l’enchaînement devenait de moins en moins a mon gout (au bout des réserves que j’ai hissées)
-‌Plus d’eau et de bouffe, plus de data, plus de livre,…

Seb Berthe The Dawn Wall

– Quels réajustements de stratégie changeras-tu pour la prochaine fois ?
D’abord je pense que j’essayerai de m’adapter au style de la vallée un peu plus progressivement, j’irai sans doute faire une ou deux voies un peu moins dure dans la vallée avant de me lancer dans le DW.
Ensuite, je repartirai probablement mes assauts sur deux saisons automne/printemps avec une vraie “pause” d’escalade sportive ou de bloc entre la phase de travail et la tentative de push (ici je n’ai pratiquement pas fait de pause et je crois que la fatigue accumulée pendant le travail a été déterminante).
Enfin j’irai avec une meilleure préparation d’un point de vue mental. Une préparation mentale adéquate est certainement ce qui a le plus fait défaut durant ma tentative de push et sûrement l’une des causes les plus probables de mon échec. J’étais prêt sur bons nombres de facteurs, mais certainement pas assez mentalement.

– Si tu avais à choisir, “Fight of flight” ou le “Dawn Wall” ?
Je choisirais le DW 😉 Sans vouloir critiquer FOF (“Fight or flight”), le DW est tellement plus grand, plus beau, plus majestueux. Cela requiert tant d’habiletés, d’efforts, de connaissances. La grande-voie dure représente pour moi le summum de ce qu’on peut trouver en escalade.

– Est-ce que la préparation pour “Flight” t’a servi pour le big wall ?
Bien-sûr ! Dans un big-wall aussi dur et exigeant que le Dawnwall, tout ce que tu as appris jusque là dans ta vie peut être utile. J’ai vraiment l’impression que c’est toutes les expériences que j’ai accumulées en escalade, dans tous les styles et toutes les disciplines, depuis 20 ans qui m’ont permis d’évoluer dans cette voie et de finalement m’approcher de la réussite. Tu as littéralement besoin de tout : technique de pied, gestuelle, force doigt, engagement, gestion de la peur, du mental et du stress, technique et gestion des cordes, endurance, stratégie de travail d’un projet, gestion de la peau, de l’entraînement, de la fatigue,…
Dans le cas de FOF, je dirais que j’ai appris à quel point le niveau de détails d’apprentissage d’un mouvement pouvait être important. Que ce soit pour un mouvement que l’on arrive à faire directement ou pour un mouvement qu’on arrive pas à faire tout de suite, on peut toujours apprendre à le faire mieux, plus juste, plus efficacement. Cet apprentissage des mouvements passe souvent par des micro-détails de placement corporel ou d’intention. Avant FOF, je n’avais pas encore pris conscience de ce niveau de détails technique. Un autre exemple: dans FOF, j’ai non seulement appris à travailler les mouvements, mais j’ai également appris à travailler les repos. Tout cela m’a bien servi pour le DW.
Travailler une voie sportive à sa limite permet enfin d’en apprendre énormément sur l’aspect stratégique de la performance: gestion des repos, des essais, de la peau,… Dans FOF, j’ai essayé différentes choses pour optimiser ma performance comme par exemple laver les prises à l’eau, ou encore pour le crux du haut, j’ai essayé de clipper ma corde dans une microtraction afin prendre du mou à l’avance pour supprimer tout tirage pour le jeté. C’est toute une démarche analytique que j’ai aussi mise en place pour le travail du DW.

– Prévois-tu de retourner sur ces 2 projets ? Dès cet hiver ?
Oui je prévois de retourner dans les deux projets.

Pour FOF, j’espère y retourner dès cet hiver-printemps, et il s’agit de l’objectif principal de mon début d’année. Nous verrons dans quel état est la voie après l’incendie dramatique de cet été.

Pour le DW, j’ai aussi bel bien l’intention d’y retourner et de terminer ce que j’ai commencé. Par contre, je n’ai toujours pas l’intention de prendre l’avion et y retournerai probablement encore en bateau. Cela sous-entend encore un bon nombre d’incertitudes, et ce n’est donc pas pour tout de suite. Affaire à suivre ! 😉

Photos : colle Seb Berthe et Siebe Vanhee

The Dawn Wall

A few months after his extreme big wall trip to Yosemite by sailboat, Belgian climber Seb Berthe is ready to look back on the whole adventure “Cap sur El Cap“. Seb answers our questions without taboos about his ambitious project, started with his friend Siebe Vanhee and supported by all the team: trying to free climb the famous Dawn Wall! The trip, the days on the wall, the discovery of the route, the push… You will know everything (and more) in the interview below!

– Why did you decide to go to America by sailboat with such a touch ask as the ‘Dawn Wall’? Did the trip cause you any kind of fatigue? Was it not too complicated in terms of logistics?
The choice of sailing comes from a desire, a need, to limit my/our environmental impact by reducing our consumption of fossil fuels. In the current conditions, reducing the emissions related to my climbing trips is now a priority for me, even a necessity. I still had this big goal of going to visit Yosemite and its famous ‘Dawn wall’, so I thought of this alternative to the classic flight: the sailboat. It took us several months to set up the project, get the funding, prepare the boat… In October 2021, after almost a year of dreaming and investing, we finally left the 8 of us (including 6 who had never sailed before) from Spain on Samsara (our 15m boat) to storm the Atlantic.
This project was also an opportunity to discover ‘slow journeying’, to take the real measure of distances, to turn the trip into an adventure proper.
Yes, the trip did tire us out, and it was a real logistical and organisational challenge. Between funding and applying for visas, the red tape, taking turns to steer the boat, efforts to stay in shape, stopovers spent repairing and preparing the boat for its next crossing… From a social point of view, it was also a real experience: when you leave like that with a group on a sailboat for 9 months, you all depend on each other. Everyone must therefore adapt to the group, make compromises, take action for the community, etc. This trip was certainly an opportunity to improve our debating skills!

Seb Berthe The Dawn Wall

– How was your acclimatisation to the Yosemite, how were the conditions? When did you leave Europe, arrive to the Valley, and leave again?
I arrived in the Yosemite at the beginning of January, exactly 3 months after our departure from Spain. We stayed for 4 months, and had to leave at the beginning of May for Mexico where the sailboat was. For the return, we had to keep in mind the hurricane and cyclone season, which starts in the area of ​​the Caribbean and the East Coast of the USA from mid-May.
Arriving in the Valley was not an easy moment although it remains a great memory. The whole valley and all the tops of the walls were covered with a thick blanket of snow. It was cold, but quite beautiful. I was super happy to be there and couldn’t wait to go into fight mode!
So we started without delay, which was probably a mistake. The “Dawn wall”, unfortunately, leaves little room for casual adaptation: you find yourself right into the thick of the action very quickly. The first pitches are already very demanding technically, with moves and footholds very specific to the Yosemite. They are also relatively intimidating with long run-outs. With Siebe, we took a big slap in the face. Pitch 3, graded 8a+, already gave us a lot of trouble. It was difficult to find the sequences. Pitch 6, 8a+ again, has a superb obligatory section in a slopy dihedral that is impossible to protect. We had a hard time passing the section and getting the rope to the top of the pitch. From there, all the pitches were real challenges, just to climb to the anchor, in free when we could, most of the time in aid climbing-we rarely managed to understand the moves. Most protections are minimal and sometimes you really have to climb above old pro, such as bird beaks or copperheads, which are not made to catch falls. For me it was the first time I used a hammer to squeeze gear into cracks.
Lastly, for me, all this just two years after climbing trad for the first time… That was a little fast and did not give me confidence!
After 3 days on the route, we finally took the real measure of what this project would entail…
A little story about the conditions: there is a small detail to know about El Cap when it’s cold after long periods of rain or snow (which had been the case the 3 weeks before our arrival). Ice forms at night on top of the wall (we can compare it to ‘sugar on the rim of a margarita glass’ according to Kevin Jorgeson in the Dawn Wall movie), and falls in the form of projectiles during the day. Where these projectiles fall is completely random, and their size varies from small ice cubes that cool your cocktail to the cooler you put your beer cans in. These pieces of ice gather impressive speeds as they fall, which caused us big scares quite a few times.

Seb Berthe The Dawn Wall

– How long did you spend there? What were the different periods?
The months of January and February were devoted to work on the project. It took us two weeks to get to the top of the wall, checking each pitch out, each move, most of the time with some surprises. For example, in the last pitches (supposedly easier) we were bothered by ice flows because snow was melting at the top. These literally formed waterfalls in the cracks of the last pitches, which stopped us free climbing and really spiced up the adventure. When, in the middle of winter, we arrived at the top of El Cap, there still was snow . The descent on granite slabs along the face, already very technical in summer in dry weather, turned out to be epic too. We were not at all equipped to walk at night on this steep slab covered with a layer of snow and ice.
Working on a two days on-two days off routine, we came to appreciate the style and the different sections of this route. After two months, I still hadn’t climb one pitch, but I had done all the moves, which initially was already not a simple affair.
During this period of work, conditions were not always easy: on this wall, which gets in the sun from the first hours of dawn, it’s quickly too hot and therefore impossible to try the crux sections; conversely if the wind picks up it can then be much too cold to climb (it’s the first time in my life that I’ve REALLY been too cold to keep climbing). Several times we had to give up the idea of ​​going climbing due to the wind conditions. We even had to leave the valley because of the risk of falling trees. A few times, after 400m of rope ascent in full sun to work the hard pitches, I fell victim to sunstroke and was just not able to climb-vomiting and diarrhea and so on.
In March, I took a little break in order to recover before going for a push. Siebe left at the beginning of March for work with the idea of ​​returning in April, but I couldn’t wait for his return to go for it due to the weather (besides I had to leave at the beginning of May). I had a lot of friends in the valley who were very motivated to join and help me, so I decided to try on my own, and my friends took turns to support me. I hoisted nearly 150kg of water and equipment and left for 23 intense days on the wall (description below).
I then got down around mid-April and had about a month left in the valley, and I really wanted to take the opportunity to climb other things and support Soline Kentzel (my girlfriend) in her own projects.
The last few weeks in the valley were great with a lot of climbing: we did “Golden Gate” in 9 days for a hell of an adventure spiced up with memorable snowstorms. Then I was able to do “El Nino” in a day without ever having tried before (and just missed the ‘onsight in a day’, still a performance never accomplished on El Cap). This feat remains without doubt one of the most beautiful days and performances of my life! Finally, I ended my stay with an attempt in another of my dreams: freeclimbing 2 routes on El Cap in a day, “Golden Gate” and “El Nino”, 2000m of demanding and intense climbing to be accomplished as quickly as possible. Only Tommy Caldwell succeeded. Unfortunately I ran out of energy around ⅔ up the second route. I am still quite satisfied and proud of this effort: I was able to free “Golden Gate” in 11 hours, and was quite close to sending “El Nino” after that, again probably one of the best days of my life. If you are interested, I wrote a whole story about this adventure!

Seb Berthe The Dawn Wall

– What was your strategy to work the route over the period you had given yourself?
Our first objective, in order to prepare ourselves for a potential push attempt, was to do all the moves of all pitches and try to remember everything, which is easier said than done and requires enormous efforts of memorisation. In addition to the innumerable foot- and handholds which are impossible to differentiate because everything looks the same, it’s necessary to remember all the placements of gear, which are sometimes pretty delicate. So as not to forget anything, we obviously described and noted down everything in minute detail, and that requires a lot of rigour.
Then we had to master the crux pitches, especially the 14th. This was our main focus. To do this, we had to go 400 meters up on our fixed ropes, wait for the shade to reach the pitch before we could try, work the moves one by one and find solutions.
For my part, I absolutely wanted to finish this period of work early enough to be able to put a go in time (when the conditions were still cool enough to have a chance of sending). There was therefore real time pressure.
The big strategic questions mainly concerned the management of skin and shoes, essential ingredients for the Dawn Wall. For the skin, it was absolutely necessary not to climb too much and to take care of it as well as possible, failing which I would have to stop for a long week. For the shoes, I literally did my head in as regards the choice of shoes for every pitch: stiffer? newer? resoled? Sand the sole?… I tested a lot of different tactics before I found the right one.

– What about the main steps in your process?
Discovery of the route – fix the ropes – climb once to the top – do all the moves – work on the sections – memorisation – rest and preparation for the push – push


– What do you think of the pitches of the route, in particular the key pitches?
This route is a real masterpiece: all the pitches are incredible, nothing is crap. The line, the moves, the atmosphere, the difficulty, the demanding factor… Everything on the Dawn Wall justifies the fame and hype. Tommy did a superb job: he added only the minimum number of bolts to free climb it, thus respecting the artificial routes through which it passes. And how much scoping did he have to do to finish it?! By climbing these pitches, we understood why it was the work of several years, and we felt that the route had indeed been proposed by a true expert of El Capitan. I was impressed, of course by the hard pitches, these famous traverses, but also by the easier ones. Even 8a, 8a+ or 8b would be proper king lines anywhere else in the world, each more demanding than the previous one. As for the key pitches, the two 9a, the two traverses, they are exceptional, scary and demanding. There is just enough in terms of holds, neither too much nor too little…
The first attempts on these pitches, especially pitch 14, were complicated. pitch 14 is quite a short one: 3 bouldering sections with decent rests. The boulders require precision and at the beginning, you don’t understand anything about it, it almost doesn’t seem possible. You really have to be creative and imaginative! And again, we knew it was doable! And then, after great work sessions (several times at night to benefit from sufficiently good conditions) we started to master the moves. But even when you understand all the beta, it’s almost a miracle to stay on the wall because the footholds are so random.

Seb Berthe The Dawn Wall

– Did the Yosemite style cause you any troubles? How did it go in terms of commitment?
This was my 4th time in the Yosemite and I’ve done quite a few routes on El Cap or other walls in the valley. Siebe was not new to it either. As a result, we more or less knew what to expect, even if the Dawn Wall is something pretty different from everything we had tried before.
The commitment, as I described in your second question, is heightened compared to sport climbing, but I think I can say that the falls on the Dawn Wall are not really dangerous, at least from a vital point of view: the wall is so steep and there are so few ledges that you can allow yourself very long falls without necessarily hurting yourself, at least not seriously. I happened to take several of them where I tore off several pieces of gear without injuring myself.
Where we can talk of danger, on the other hand, is that you are constantly in situations where mistakes are prohibited. We constantly move along fixed ropes which are liable to be damaged (especially on higy wind days) we must constantly check our knots… The real danger undoubtedly arises when all these checks turn into routines and habits, when fear disappears and we are no longer as attentive. Here is an example: life in the portaledge, which at first can be impressive, quickly becomes rather normal. At the beginning you are tied in permanently, but after several days you take your harness off at night, and even during the day…
From a commitment point of view, climbing routes on El Cap in a day as I did at the end of my stay on “Golden Gate” or “El Nino”, is much more committing than working the Dawn Wall. You have to go fast and for that, you put less protection in, simul climb and so on… It’s often in these conditions that falls can be dangerous.

– Which specific problems did you face when working on the big wall?
All the logistics specific to big wall climbing are interesting and really make the difference compared to working a sport route.
The working style and strategy we adopted was heavy style, that is, we put in fixed ropes on the route. We had almost 900m of those on the route. This work of fixing the ropes, as I described above, was particularly difficult and took a lot of time and energy.

From there we could, when we wanted, work any given pitch. But that often involved a lot of things to do and think about: jumaring up hundreds of meters, hoisting a bag, not forgetting anything, planning the right rack of stoppers, checking the ropes which could be damaged (making sure the rope protectors are well placed), set up and adjust the portaledges…
The other problem specific to big-walling is gravity and the gear that you take with you 😉 The slightest careless mistake and it’s a shoe, a belay system, a stopper or whatever that drops into the void. You always have to secure your stuff in, be attentive, and that too after several months brings a lot of mental fatigue.

– Did you actually go for the push ? How did it turn out ?
To sum it up, yes, I put in 2 months of work in the route before trying it ground-up for 23 days.

Here’s the day-by-day breakdown:

D1: first 4 pitches, tough day where I was hoping to do more, but I broke a hold in the crux of P3 (5.13c) and waste 4 tries finding the new beta and sending.
D2: rain and rest

D3: P5 and 6, plus 5 unsuccessful goes in P7

D4: rest

D5: P7 to 9, great day!

D6: rain and rest

D7: P10 to 12-best day of the push, two 5.14 in the same day
D8: rest

D9: P13 and unsuccesful attempts in pitch 14 as I fall in the last crux, look for beta, can’t find any

D10: rest

D11: I find the solution for my foot in the last crux of P14, 2 tries to the top, I get spat out by the vertical intermediate, then 4 more tries where I slip in the first crux

D12-13: rest

D14: another slip in the first crux then a better try but I fall with my hand on the last hold. 5 more attempts where I again slip in the first crux. Pissed off as the conditions were supposed to be unreal. Headache and tiredness for lack of sleep due to excitement.

D15: rest

D16: I cut open my ring finger quite badly in the first boulder, a few tries to get past it then another to the last section where I slip.

D17: rest

D18: good feeling, again I work out the final boulder, which takes time as I keep slipping. More attempts where I fail in the first crux where I open my left index finger, then I manage to get past it on the wire and fall in the second boulder, les shoes just don’t work.

D19 to 21: rest, I do my best to fix my finger.

D22: I consider this session as my last chance, I feel great but slip a lot and go from disappointment to disappointment in the first boulder, very close to climbing it several times but no cigar. Mentally it’s hard, I don’t want to be there anymore, I’m fed up. The pleasure is no longer there and I stay to be sure I have tried everything and have no regrets.

D 23: two tries in the morning, the sun comes too fast and my fingers hurt. In the two evening tries I feel good and strong but I fall breaking a nail on try 1 and can’t use my index finger for try 2 anymore. I go down the same evening.

Why did I come back down? “Apologies for failure/giving up”
-‌Mental fatigue
-less pleasure
-‌Want to do something else, enjoy the valley, the rest of the trip, fix my attention elsewhere than on this route
-‌ Shoes no longer good enough(drastically reduced my chances of sending this pitch)
-‌ Style and ethics became less and less good according to my point of view (I finish all my food)
-‌ No more water and food, no more data, no more books…

Seb Berthe The Dawn Wall

– Which strategy readjustments will you change for your next visit?
First I think I will try to adapt to the style of the valley a little more gradually, I will probably do one or two moderate routes in the valley before jumping on the Dawn Wall.
Then, I will probably restart my assaults over two autumn/spring seasons with a real “break” from sport climbing or bouldering between the work phases and the push attempts (here I hardly took a break and I believe that the fatigue accumulated during the work was important).

Finally I will go with a better preparation from a mental point of view. Adequate mental preparation is certainly what was lacking the most during my push attempt and surely one of the most important causes for my failure. I was ready on a number of factors, but certainly not enough mentally.

– If you had to choose between “Fight of flight” and the “Dawn Wall”?
I would choose the Dawn Wall 😉 Without wanting to criticise FOF, the DW is so much bigger, more beautiful, more majestic. It requires so much skill, effort, knowledge. Hard multi-pitches for me represent the pinnacle of what you can find in climbing.

– Did the preparation for “Flight” help you for the big wall?
Of course! In a big wall as hard and demanding as the Dawn Wall, everything you have learned so far in your life can be useful. I really feel that it is all the experiences I’ve accumulated in climbing, in all styles and disciplines for 20 years that have allowed me to evolve in this way and finally approach success. You literally need everything: foot word, technical skills, finger strength, commitment, fear and stress management, rope techniques and management, endurance, project work strategy, skin management, training, dealing with fatigue…
In the case of “FOF”, I would say that I learned how important the level of detail in learning a movement could be. Whether it is for a movement that we manage to do directly or for a movement that we cannot do right away, we can always learn to do it better, more precisely, more efficiently. This learning of movement often involves micro-details of body placement or intention. Before “FOF”, I had not yet become aware of this level of micro technical details. Another example: in “FOF”, I not only learned to work the moves, but also learned to work the rests. This helped me a lot for the DW.
Working a sport route to one’s limit finally allows you to learn a lot about the strategic aspect of performance: management of rest, tries, skin… In “FOF”, I tried different things to optimise my performance like for example washing the holds with water, or even in the top crux, I tried to clip my rope in a Microtraxion in order to take up some slack in advance to eliminate any rope drag for the dyno. It’s a whole analytical approach that I also put in place for the work of the DW.

Do you plan to return to these 2 projects? This winter?
Yes I plan to return to both projects.
For “FOF”, I hope to go back there this winter-spring, and this is the main objective for my start of the year. We will see what the route is like after the dramatic fire this summer.
For the DW, I also definitely intend to go back and finish what I started. On the other hand, I still don’t want to take the plane and will again probably go back there by boat. This implies a decent number of uncertainties, and is therefore not for now. To be continued 😉


Photos: coll. Seb Berthe/Siebe Vanhee

Seb Berthe The Dawn Wall

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