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Ali Baba Amoros Choong
Big Wall Performances Sud Est-Alpes / South East-Alps

Réalisation express d’Ali Baba par Solène Amoros et Kathy Choong – Solène Amoros and Kathy Choong make quick work of Ali Baba (+ intw)

  • 05/10/2022

Située à la Paroi dérobée, à Aigun, “Ali Baba” (240 mètres, 8a+ max, 60 mètres de dévers) est une des grandes-voies majeures de France : un challenge difficile et continu sur une impressionnante face déversante, une ligne ouverte par Philippe Mussato en 2002 comportant 8 longueurs : 8a, 8a, 7b+, 8a, 8a+, 8a+, 8a+, 7b+. 20 ans après, Solène Amoros et Katherine Choong ont enchainé la semaine passée lors d’une tentative de push, accompagnée par la photographe Mélanie Cannac. Une équipe 100% féminine pour un ambitieux challenge ! Toutes les longueurs ont été réalisées en tête par les deux grimpeuses en 3 jours et demi de grimpe et 3 nuits en portaledge. Un court-métrage de 15 minutes sortira en 2023 sur cette aventure ! Nous leur avons posé quelques questions.

– Comment cette idée d’ “Ali Baba” vous est venue et cette aventure s’est organisée ? Les 20 ans de la grande-voie c’est une coïncidence ou vous l’aviez remarqué ?

Kathy : Étant toutes les deux passionnées d’escalade en falaise, l’idée de se lancer dans un projet de grande voie ensemble nous est venue l’année passée. Nous avions bien sûr toutes les deux entendu parler d’”Ali Baba”, cette grande voie devenue une classique par sa difficulté mais également en raison de la beauté de chacune de ses longueurs. Nous avions également envie de trouver une voie pas trop loin de la maison, atteignable sans prendre l’avion. Plutôt que de tenter l’ascension à la journée, inspirée par des amis, Solène a proposé l’idée d’approcher cette voie d’une autre manière : enchaîner chacune tour à tour toutes les longueurs, en tête, dans l’ordre et sans redescendre de la paroi jusqu’à ce que ce soit fait. Pour ce faire, nous avons emporté le portaledge pour dormir en paroi et nous nous étions donné un maximum de 3 jours et une matinée de nourriture et d’eau. Mélanie avait remarqué effectivement que c’était les 20 ans de l’équipement de la voie (mais on y serait quand même allées si ce n’était pas le cas ahah).

Solène : Je connais Kathy du circuit de compétitions. On avait jamais trop grimpé ensemble auparavant mais j’avais remarqué que depuis quelque temps nous étions dans la même dynamique. Ayant toutes les deux arrêté la compétition nous cherchons à repousser nos limites sur le rocher, en couenne ou en grande-voie. Kathy m’avait contactée pour qu’on fasse cordée ensemble et Ali Baba était l’une des voies qui nous faisaient rêver et que ni l’une ni l’autre n’avaient encore faite. J’étais très inspirée par les images et récits des machines (Nina Caprez, Florence Pinet, Anna Stöhr…) qui avaient fait la voie. Mais cette fois j’avais envie de faire différemment et de changer d’éthique/de façon de faire les choses. Pourquoi ne pas tenter un vrai push sans pré-travail de la voie ? Pour cela, il nous fallait plusieurs jours en paroi. Kathy n’avait jamais dormi en portaledge et l’aventure la motivait énormément. En discutant avec des amis, j’ai défini que 3 jours seraient suffisants, mais on a quand même pris de quoi petit-déjeuner un matin de plus (heureusement ahahah).

– Vous n’aviez pas essayé la voie avant et vous n’aviez jamais grimpé en grande-voie ensemble ? Du coup vous avez tenté le push direct ?

Kathy : Effectivement nous nous connaissions de la compétition puis de la falaise mais n’avions jamais fait de grande voie ensemble ni essayé avant Ali Baba, nous avons directement tenté le push. Mais j’avais confiance à 100% en Solène et Mélanie en ce qui concerne leurs aptitudes en grande-voie et je savais qu’on était sur la même longueur d’ondes : se mettre des bonnes missions, ne jamais abandonner, dépasser ses limites tout en se soutenant à chaque instant et en gardant le sourire. C’était une équipe en or, elles ont su me motiver quand je commençais à douter et sans elles je n’y serais clairement pas parvenue !

Solène : Eh oui ! C’était risqué mais j’étais confiante ! Avec beaucoup de motivation on arrive à tout. Je savais que Kathy ne lâcherait rien et j’avais pleinement confiance en les capacités de Mélanie, qui est aussi cordiste ! J’étais partie très optimiste, on avait calé notre stratégie pour le hissage, et nos différents scénarios selon notre avancée. On savait toutes les deux qu’il fallait faire au moins 2 longueurs en 8 par jour pour réussir. Après, je ne m’attendais pas à ce que la logistique en paroi soit une telle mission ! Notre expérience en big wall était très limitée et nous n’étions pas des plus rapides. Mais ça nous a permis d’apprendre pleins de trucs et au fur et à mesure des jours nous étions de plus en plus efficaces. Niveau escalade, c’était génial, tout ce que j’espérais : une émulation forte, de la belle escalade et de gros combats fructueux !

Ali Baba Amoros Choong

– Comment s’est passé l’enchaînement ? Quelles longueurs vous ont donné le plus de fil à retordre ? Et niveau beauté ?

Kathy : La longueur clef était la 6ème clairement ! Lors de ma première montée de calage, j’ai vraiment pensé que cette fois je n’y arriverais pas, qu’on allait plutôt tout donner pour que Solène enchaîne. C’était le 3ème jour de grimpe de suite (chaque jour on a fait deux 8a ou 8a+ et pour chacune d’entre nous une montée de calage + un run d’enchaînement), je n’avais absolument plus de bras ni de peau. Mais c’est là que le mental a complètement pris le dessus et m’a permis de monter jusqu’au relais ! Pour le déroulement détaillé des longueurs, je te renvoie à notre déroulement détaillé ci-dessous.

Solène : J’ai adoré toutes les longueurs, l’escalade est variée : des trous, des règles, et beaucoup de colos, du court, du long, du (très) raide, et du léger dévers, et même une fin verdonesque ! Même si on a réussi à faire toutes les longueurs dans le 8 au premier essai (après une montée de calage), je suis d’accord avec Kathy : L6 était clairement la plus difficile. C’est une longueur courte dans un panneau à 45° avec un bon pas de bloc au début, très énergivore ! Ca pique le 3ᵉ matin !
Personnellement, je me suis sentie de mieux en mieux au fil des jours. Le corps humain est bien fait, je me suis mise en mode machine et la tête a pris le dessus ! Une aventure comme ça c’est clairement mental.

– Il semblait y avoir un peu de logistique. Comment vous êtes vous préparées en amont ?

Kathy : Nous nous étions préparées en cherchant des renseignements auprès d’autres grimpeurs ayant parcouru cette voie, en listant le matériel nécessaire et en parlant de la stratégie à adopter dans la voie pour la partie la plus fun, le hissage des sacs 😉 Mais cette dernière partie n’était pas facile à établir à l’avance, il y avait quand même quelques inconnues. Combien de temps nous prendrait chaque montée, le hissage, est-ce que ça grimpe au soleil etc. On avait planifié de grimper deux longueurs par jour avant l’arrivée du soleil (vers 15-16h) puis de hisser nos gros sacs de hissage et le portaledge et de chiller toute la soirée… Autant te dire que ça ne s’est pas du tout passé comme prévu et le premier jour on a fini d’installer le portaledge pour la nuit à plus de 23h !

Solène : Le plus important dans ce genre d’aventure c’est d’avoir défini plusieurs scénarios (plan A, plan B…) et d’avoir bien pris tout le matos nécessaire pour chacun d’eux. Je suis assez organisée donc j’avais fait un tableau Excel listant le matos ahah. J’avais aussi bien répété le montage du portaledge au sol car mon sponsor m’avait envoyé un nouveau prototype (d’ailleurs ça m’a bien servi quand j’ai dû le ranger toute seule au dernier relai plein gaz avant de sortir au sommet !). Après, rien ne s’est passé exactement comme prévu. Là, on avait la chance de s’entendre (en criant) et on pouvait bien communiquer. On a donc pu bien se réadapter, chacune a fait sa part du boulot et c’était top !

– Vous avez formé une team féminine. C’était voulu et assumé ou fortuit au gré des agendas ?

Kathy : Oui l’idée était de faire un projet 100% féminin ! Nous souhaitions vraiment montrer qu’un groupe de filles peut réaliser des projets très difficiles, qui demandent de l’investissement et des aptitudes particulières, tout en mettant en avant les valeurs de complicité et de soutien mutuel. Tout cela, sans se prendre trop au sérieux non plus 😉

Solène : C’était clairement voulu ! Et d’ailleurs on a eu d’aide de personne à partir du moment où on a quitté le parking et qu’on est revenues au parking 5 jours plus tard ! J’avoue qu’on aurait bien aimé que les italiens qu’on a croisé sur la marche de retour nous aident à porter une petite corde mais bon ils n’ont pas proposé… lol
Être une team 100% féminine donne une dimension particulière au projet, ça change, pour nous l’ambiance était différente, plus sensible, plus complice. Aussi, on était plus à l’aise pour les besoins naturels ! C’est aussi une manière de partager une belle image féminine de notre sport, particulièrement en grande-voie.

Ali Baba Amoros Choong

Déroulement détaillé de l’ascension :

Jour 1 : Après quelques problèmes mécaniques avec le van de Kathy qui devait nous amener et loger à Aiglun, nous débarquons à bord de la Fiat 500 de Mélanie, remplie à bloc et accompagné de Will un ami grimpeur venu faire le chauffeur. Premier jour de portage, nous amenons, chargées comme des mules, une partie du matériel au pied de la voie avant de revenir dormir sur le parking d’Aiglun. L’approche n’est pas une mince affaire : 3h sur un chemin raide dans la garrigue, puis sur cordes statiques à monter et descendre, et enfin dans un pierrier interminable jusqu’au pied de la face. Cette première étape est déjà une mission en soi, l’aventure promet ! Nous rentrons manger et dormir à Aiglun.

Jour 2 : Deuxième jour de portage, toujours en mode “sherpa”, avec des sacs quasi aussi lourds que la veille. Cette fois, nous dormons au pied de la paroi pour être prêtes à décoller dans la voie le lendemain matin. Ce fut une nuit difficile, brassée par le vent.

Jour 3 : Pour ne pas cramer trop de cartouches, notre plan était de travailler une première fois chaque longueur puis de mettre un run d’enchaînement, en inversant à chaque longueur la grimpeuse qui allait défricher les méthodes. Notre stratégie était de réussir deux longueurs dans le 8ème degré par journée. Dans ce scénario, pas le droit à l’erreur, chaque montée nous coûte pas mal d’énergie, de peau et de temps, sachant qu’il reste en fin de journée à hisser nos 2 énormes sacs de hissage (en plus d’un petit sac qu’on hissait à chaque longueur) et le portaledge. Les trois premières longueurs sont magnifiques (8a, 8a, 7b+) et nous mettent l’eau à la bouche mais nous demandent déjà beaucoup d’énergie pour les enchaîner. L’échauffement est précaire et la L1 en 8a nous pique à froid en rési. Solène doit vraiment se battre pour enchainer la L2 en 8a, son corps ne répond pas bien à l’effort, avec la fatigue, le vent qui nous brasse très fort et ses règles qui ont commencées ce même jour. C’est poussée par les encouragements de Kathy qu’elle parvient in extremis à clipper le relai de cette longueur, les coudes aux oreilles. Elle ne le dit pas mais le doute s’immisce quant à son enchainement de la voie, sachant que les longueurs les plus dures se situent en dernier. Après avoir grimpé la L3 en 7b+ nous arrivons à une vire plutôt confort, mais le hissage de nos sacs (encore au sol) nous prend beaucoup de temps. Après, quelques galères, nous finissons la journée, épuisées, à plus de 23h. On commence à se rendre compte de l’ampleur de notre projet, et remettre en question sa faisabilité en 3 jours successifs…

Jour 4 : Après une courte nuit, le réveil est difficile. Les courbatures se font sentir et la peau de nos mains est déjà bien broutée. L4 (8a) et L5 (8a+) nous attendent. Encore deux longueurs 5 étoiles que nous parvenons à enchaîner, mais une fois encore au terme de grands combats de résistance, en y laissant pas mal de cartouches. Kathy se met un gros combat mental pour enchainer L5, elle est à la limite de tomber à chaque crux mais ne lâche rien ! C’est à ce moment-là qu’on commence à voir la vraie guerrière qu’elle est et qu’on décide de la surnommer Pocahontas. Le hissage est plus efficace ce jour-ci et à 21h30 nous sommes installées toutes les 3 sur le portaledge. Un bon lyophilisé nous requinque, et nous passons une nuit moyenne mais légèrement récupératrice.

Jour 5 : L6 (8a+), la plus difficile. La première montée de travail est difficile pour Kathy, chaque prise dégomme un peu plus le peu de peau qu’il lui reste, la fatigue, la douleur et les mouvements blocs du début lui posent pas mal de problèmes. Mais Solène la motive à fond et lui rappelle que tout est possible ! Elle lance un run, et guidée par Solène qui a mieux calé la voie, elle parvient sans tomber au relais dans un combat mémorable, délayant à chaque prise ! Solène va mieux ce jour-là. Bien calée dans ses méthodes, elle fera une belle démonstration de grimpe avant de clipper elle aussi le relais ! Cette fois la machine de combat est lancée, plus rien ne peux nous arrêter ! L7 (8a+) : Solène qui semble ne plus sentir la gravité, s’envole dans cette longueur avant d’atteindre le relais dans un grand moment de bonheur ! Si les bras ne répondent plus chez Kathy, la tête reprend le dessus et portée par l’enchaînement de Solène, parvient au sommet sans tomber ! La nuit tombe et la fatigue se faisant sentir, nous gardons la dernière longueur pour le lendemain et passons une dernière nuit plein gaz, serrées à trois sur le portaledge. Autant dire qu’on a pas trop dormi cette nuit là !

Jour 6 : Nous enchaînons au petit matin la dernière longueur (7b+) à vue, avant un long retour à pied vers le village. La marche de retour n’est pas cadeau non plus et nos genoux ont bien souffert. L’itinéraire est très dur à trouver et avec nos sacs ultra chargés nous nous accrochons à toutes les branches. 3h plus tard nous sommes enfin arrivées et prenons la route de St Auban pour trinquer avec nos amis !

Jour 7 : La mission n’est toujours pas finie ! Petit aller-retour au pied de la paroi pour récupérer le téléphone de Mélanie qui s’est pris 250 mètres de vol plané depuis le sommet lors du dernier hissage la veille. Soulagées, nous retrouvons le téléphone, qui marche encore bien, après 3 heures de recherche ! Fin de l’aventure.

Photos : Mélanie Cannac

Ali Baba Amoros Choong

Located at Paroi Dérobée, in Aiglun, ‘Ali Baba’ (240 meters, 8a+ max, 60 meters of inclination, 8a+ max.) is one of the major multipitch routes in the South of France: a difficult and continuous challenge on an impressively overhanging face, opened by Philippe Mussato in 2002 with 8 pitches: 8a, 8a, 7b+, 8a, 8a+, 8a+, 8a+, 7b+. 20 years later, Solène Amoros and Katherine Choong repeated the multipitch last week in one push, joined by photographer Melanie Cannac. A 100% female team for an ambitious challenge! All the pitches were led by Kathy and Solène in 3 and a half days of climbing and 3 nights in a portaledge. A 15-minute short film of the adventure will be released in 2023! We asked them a few questions.

– How did this idea of ​​’Alibaba’ come to you and how did you plan this adventure? Is the 20-year anniversary of the route a coincidence or were you aware of it?

Kathy: Being both passionate about rock climbing, the idea of ​​embarking on a multi-pitch project together came to us last year. We had of course both heard of ‘Ali Baba’, this great route that has become a classic because of its difficulty but also because of the beauty of each of its pitches. We also wanted to find a route not too far from home, reachable without taking a plane. Rather than attempt the ascent by day, inspired by friends Solène proposed the idea of ​​approaching this route in another way: both of us climbing all the pitches in lead, in order and without coming down from the wall until it’s done. To do this, we took the portaledge to sleep on the wall and had given ourselves a maximum of 3 days and a morning of food and water. Mélanie had indeed noticed that it was the 20th anniversary of the bolting of the route (but we would still have gone there if that was not the case haha).

Solène: I knew Kathy from the competition circuit. We had never climbed too much together before but I had noticed that for some time we had been on the same dynamic. Having both stopped competing, we are looking to push our limits on the rock, single- or multi-pitch. Kathy had contacted me to rope up together and “Ali Baba” was one of the routes that made us dream and that neither had yet done. I was very inspired by the images and stories of the machines (Nina Caprez, Florence Pinet, Anna Stöhr…) that had already climbed it. But this time I wanted to do things differently and change my ethics/way of doing things. Why not try a real push without pre-working the route? For this, we needed several days on the wall. Kathy had never slept in a portaledge and the adventure motivated her enormously. Talking with friends, I decided that 3 days would be enough, but we still had breakfast one more morning (fortunately hahaha).

– Did you try the route before and is it true you had never done a multi-pitch together? Directly going the push, that’s it?

Kathy: Indeed we knew each other from the competition then from the crag, but had never done a multi-pitch together nor tried ‘Ali Baba’ before, we directly tried the push. But I had 100% confidence in Solène and Mélanie in regards to their multi-pitch skills and I knew that we were in the same mood in terms of setting good missions, never giving up, overtaking our limits while supporting each other at all times and keeping a smile on our faces. It was a golden team, they were able to motivate me when I started to doubt and without them I clearly would not have succeeded!

Solène: And yes ! It was risky but I was confident! With a lot of motivation we can achieve anything. I knew that Kathy wouldn’t give up and I had full confidence in the abilities of Mélanie, who is also a rope access technician! I set off very optimistic, we had our strategy for the hauling, and different scenarios according to our progress. We both knew that we had to do at least 2 pitches per day to succeed. All in all, I did not expect the wall logistics to be such a mission! Our big wall experience was very limited and we weren’t the fastest. But it allowed us to learn a lot of tricks and as the days went by we were more and more efficient. In terms of climbing, it was great, everything I was hoping for: strong emulation, good climbing and big, fruitful fights!

– Which pitches gave you the most troubles? And what about aesthetics?

Kathy: The key pitch was the 6th, clearly! During my first recce, I really thought that this time I wouldn’t make it, that we were going to give everything for Solène to continue. It was the 3rd day of climbing in a row (every day we did two 8a or 8a+ and for each of them a check go + a send go), I had absolutely no arms or skin left. But that’s when the mind completely took over and allowed me to climb to the anchor! For the detailed rundown of the pitches, I refer you to our diary below.

Solène: I loved all the pitches, the climbing was varied: pockets, edges, and a lot of tufas, short, long, (very) steep, and slightly overhanging, and even a verdonesque end! Even if we managed to do all the 8 pitches on the first try (after a recce), I agree with Kathy: L6 was clearly the most difficult. It’s a short pitch in a 45° overhang with a good boulder at the start, very energy-intensive! Sharp for the 3rd morning!
Personally, I felt better and better as the days passed. The human body is well made, I put myself in machine mode and the head took over! An adventure like that is clearly mental.

Ali Baba Amoros Choong

– There seemed to be a ‘bit’ of logistics involved. How did you prepare before the push?

Kathy: We had prepared ourselves by looking for information from other climbers who had climbed this route, by listing the necessary equipment and talking about the strategy to adapt on the route for the most fun part, the hauling of the bags 😉 But this last part was not easy to establish in advance, there were still some unknowns. How long would it take us for each pitch, the hauling, can we climb in the sun etc. We had planned to climb two pitches a day before the arrival of the sun (around 3-4 p.m.) then hauling our big bags and the portaledge and chill all evening… Suffice it to say that it didn’t happen. it didn’t go as planned at all and on the first day we finished setting up the portaledge for the night way past 11 pm!

Solène: The most important thing in this kind of adventure is to have planned out several scenarios (plan A, plan B…) and to have taken all the necessary gear for each of them. I am quite organised so I had made an excel table listing the gear haha. I had also repeated the assembly of the portaledge on the ground because my sponsor had sent me a new prototype (moreover it served me well when I had to put it away alone at the last anchor before going out to the top!). After that, nothing went exactly as planned. There, we had the chance to hear each other (by shouting) and we could communicate well. So we were able to readjust well, everyone did their part of the job and it was great!

– You formed a female team in multi-pitch. Was it assumed or it it fortuitous according to your agendas?

Kathy: Yes, the idea was to do a 100% female project! We really wanted to show that a group of girls can carry out very difficult projects, which require investment and special skills, while highlighting the values ​​of complicity and mutual support. All this, without taking ourselves too seriously either 😉

Solène: It was clearly intended! And besides, we had no help from anyone from the moment we left the car park and returned to the car park 5 days later! I’ll admit that we would have liked the Italians we met on the return walk to help us carry a small rope but hey they didn’t offer… lol
Being a 100% female team gives a particular dimension to the project, it changes, for us the atmosphere was different, more sensitive, more complicit. Also, we were more comfortable with our natural needs!! It’s also a way to share a beautiful feminine image of our sport, particularly in multi-pitch.

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Ali Baba Push Diary

Day 1: After some mechanical problems with Kathy’s van which was supposed to take us and stay in Aiglun, we disembark on board Mélanie’s Fiat 500, filled to capacity and accompanied by Will, a climber friend who has come to be the driver. First day of portage, we bring, loaded like mules, some of the equipment to the bottom of the route before returning to sleep in the parking lot of Aiglun. The approach is not an easy affair: 3 hours on a steep path through scrubland, then on fixed ropes to go up and down, and finally through an endless scree to the bottom. This first step is already a mission in itself! We return to eat and sleep in Aiglun.

Day 2: Second day of portage, still in “sherpa” mode, with bags almost as heavy as the day before. This time, we sleep at the bottom of the wall to be ready to take off on the route the next morning. It was a difficult night, due to the wind.

Day 3: In order not to burn too much energy, our plan was to work each pitch for the first time then go for the send, switching climber at each pitch. Our strategy was to achieve two pitches in the 8th degree per day. In this scenario, there is no margin for error, each climb costs us a lot of energy, skin and time, knowing that at the end of the day we have to hoist our 2 huge bags (in addition to a small bag that was hoisted at each pitch) and the portaledge. The first three pitches are magnificent (8a, 8a, 7b+) but already require a lot of energy to string together. The warm-up is precarious and the L1 in 8a is a hard resistance affair. Solène really has to fight to send L2 in 8a, her body does not respond well to the effort and the accumulated fatigue, the wind was very strong and her period had started that same day. Pushed by Kathy’s encouragement, she manages to clip the anchor of this pitch in extremis, her elbows spread out like chicken wings. She doesn’t say anything but doubts appear about her chance to send the route, knowing that the hardest pitches are coming later. After climbing L3 in 7b+ we arrive at a rather comfortable ledge, but the hauling of our bags (still on the ground) takes a lot of time. After a few issues we end the day, exhausted, at more than 11 pm. We start to realise the magnitude of our project, and question if it was possible at all in 3 consecutive days…

Day 4: After a short night, waking up is difficult. The aches are there and the skin of our hands was already done for. L4 (8a) and L5 (8a+) await. Two more 5-star pitches that we managed to send together, but once again at the end of great fights, leaving a lot of power there. Kathy put in a big mental fight to send L5, she was close to falling at each crux but didn’t let go! That’s when we started to see the real warrior that she is and we decided to nickname her Pocahontas. The hoisting is more efficient that day and at 9:30 pm all 3 of us are sat on the portaledge. A good freeze-dried drink later, and we spent a quite normal night.

Day 5: L6 (8a+), the most difficult. The first recce is difficult for Kathy, each hold destroying a little bit more of the skin she saved, the fatigue, the pain and the bouldery moves of the beginning cause her a lot of problems. But Solène thoroughly motivates her and reminds her that anything is possible! She goes for the send, and guided by Solène who has sent the route better, she succeeds in a memorable fight, shaking at every hold! Solène is better that day. Confident with her methods, she gives a great show of climbing before also clipping the anchor! This time the fighting machine is launched, nothing can stop us! L7 (8a+): Solène, who no longer seems to feel gravity, flies away in this pitch before reaching the anchor in a great moment of happiness! If Kathy’s arms no longer respond, the head takes over and, carried by Solène’s success, reaches the top without falling! Night arrives and fatigue is upon us, we keep the last pitch for the next day and spend one last night, all three tight on the portaledge. In other words, we didn’t sleep too much that night!

Day 6: In the early morning, we do the last pitch (7b+) onsight, before a long walk back to the village. The return walk is not easy either and our knees suffered a lot. The path is very hard to find and with our ultra-loaded bags we cling to all the branches. 3 hours later we finally reached the car and took the road to St Auban to drink with our friends!

Day 7: The mission is still not over! A short return trip to the bottom of the wall in order to search for Mélanie’s phone, which took a 250-meter flight from the summit during the last hoisting the day before. Relieved, we find the phone, which still works well, after 3 hours of searching! End of the adventure.

All the pics by Mélanie Cannac


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