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Seb Berthe 9a+ Supercrackinette St-Léger
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Seb Berthe empoche Supercrackinette 9a+ – Supercrackinette 9a+ by Seb Berthe

  • 19/11/2020

Le grimpeur pro belge Seb Berthe vient d’annoncer mardi la réalisation de son premier 9a+ avec “Supercrackinette” au secteur Praniania de St-Léger du Ventoux. Connu pour avoir réalisé le mythique “Nose” en libre il y a un an, le grimpeur belge témoigne ici de sa polyvalence, dans la foulée de ses aînés comme Nico Favresse. Nous avons échangé avec lui après sa réalisation.

– Félicitations, tu essayais la voie depuis longtemps ? Comment s’est passé le processus ?
Merci ! J’ai fait ma première montée dans la voie à la fin de l’hiver dernier, au mois de février avant le confinement. A ce moment la voie était clairement trop dure pour moi, mais j’en suis directement tombé amoureux ! Je voulais, depuis un moment, m’investir dans un projet de taille qui me ferait progresser en escalade sportive et “Super-crack” semblait être la parfaite candidate : trop dure mais pas trop, dans mon style mais pas trop… J’en ai fait mon objectif principal de 2020 en escalade sportive. J’y suis donc retourné à la fin du printemps jusqu’à ce que les conditions ne le permettent plus, et après un été fatiguant rempli de grande-voies, je me suis entraîné spécifiquement pour la voie et ai décidé de passer l’automne sur place, au moins jusqu’à ce que ça passe. C’est génial car j’ai vraiment vécu toutes les étapes d’un processus de travail d’un long projet : progrès fulgurants, stagnations, régression, re-progrès, démotivation, abandon, puis enfin ça passe !

– Pourquoi t’être lancé dans un challenge si difficile en escalade sportive, et à St-Léger ?
Saint-Léger est un spot coup de cœur pour moi ! Les couleurs y sont magnifiques, surtout en automne d’ailleurs, et j’attache de l’ importance aux couleurs comme mes collants peuvent laisser imaginer 😉 Se lancer dans ce genre de projet est pour moi le meilleur moyen de progresser, de devenir un meilleur grimpeur, et donc ça m’apporte aussi pour les autres disciplines de l’escalade.

– C’est la première voie en 9ème degré que tu réalises, qu’est ce que tu retiens de cette expérience ?
En fait c’est la deuxième : j’ai enchaîné “Speed Intégral” cet été à Voralpsee, mais peut-être que cette épisode vous a échappé tant l’ascension fut rapide (rires) !
Quel que soit le niveau, c’est toujours un sentiment incroyable d’enchaîner une voie à sa limite et qui a demandé un gros travail physique et mental. Au moment de l’enchaînement, on comprend vraiment pourquoi le chemin a été fait. D’ailleurs j’ai l’impression que plus le chemin a été long et parsemé d’embûches et plus le sentiment de bonheur ressenti en fin de processus est fort ! Ce n’est pas le fait que la voie soit dans le 9e degré ou non qui apporte de la satisfaction, mais plutôt l’énergie investie.
Ce que je retiens de ce genre de longs projets ou de voie à ma limite, c’est de ne jamais rien lâcher, accepter les défaites, les embrasser même, mais rester en guerre, toujours ! Cela ne peut que finir par payer… Ou pas ! Mais au moins t’auras essayé !

– Tes collants rétro semblent faire partie de ton look. Tu souhaites rendre hommage aux 80’s à travers tes escalades ?
Je ne supporte plus les pantalons, ça gratte… Et puis, je n’ai jamais trop compris pourquoi, mais les collants me rendent plus souple ! Enfin, les leggings m’attirent un fan club majoritairement féminin ce qui est loin d’être désagréable 😉 Plus sérieusement, c’était ma manière de prendre le jeu de l’escalade pas trop au sérieux justement, et c’est devenu ma touche personnelle, inspirée bien sûr de mes héros d’enfance : Güllich, Albert, Edlinger, et bien d’autres. C’est à eux qu’on doit l’escalade en libre que l’on pratique aujourd’hui, rendons-leur hommage !

– D’autres projets que tu aimerais mener en falaise ou big wall ou autre ?
Des projets, ce n’est pas ce qui manque! Mon problème, c’est que dès que j’en réalise un, j’en ai 3 autres qui naissent dans mon esprit. Sinon, oui j’ai un grand rêve au Yosemite… mais chut !

– On te retrouve souvent dans des projets originaux comme la trilogie alpine en vélo cet été. Où trouves-tu ces inspirations ?
A défaut d’être le plus fort, pourquoi ne pas essayer d’être original ? En Belgique, on a souvent été inspiré par des grimpeurs et des projets tous plus farfelus et originaux les uns que les autres. J’avoue ne pas avoir à réfléchir beaucoup pour trouver des idées : les discussions autour de bonnes bières belges (souvent fortes en plus d’être bonnes) délient la créativité !

– Les expés et explorations ça te tente ?
Oui ! Mais pour le moment, je prends mon temps, je voudrais encore repousser mes limites en escalade sportive et grandes voies avant de m’attaquer à des parois plus aventureuses. Pourtant, l’idée de libérer ou d’ouvrir des faces vierges de haut niveau avec des approches écologiquement responsables et si possible foireuses serait pour moi la concrétisation absolue. Sur du long terme, c’est vers cet objectif que tendent toutes mes pratiques verticales. Ce qui est sûr par contre, c’est que j’ai décidé de limiter un maximum mes émissions de gaz à effet de serre. On ne peut plus se permettre en 2020, pour nos simples désirs d’aventure, de faire 4 fois le tour monde en avion sur l’année, et aller consommer des parois toujours plus éloignées. Il nous faut agir de façon responsable et cela implique de se creuser un peu les méninges pour se lancer dans des expés dignes de ce nom. Je suis convaincu qu’avec un peu de créativité et de bonnes (et non moins fortes) bières belges, on peut se trouver des expéditions avec tous les ingrédients d’une belle aventure tout en ayant de faibles impacts environnementaux !

Photo de couverture : Julia Cassou PhotographyJuliaCassou.com

Photo: Julia Cassou

Belgian pro climber Seb Berthe just claimed on Tuesday a repeat of “Supercrackinette” in Praniania sector, St-Léger du Ventoux, France. Under the spotlight after his free ascent of “Le Nose” one year ago, Seb demonstrates his talent on different disciplines, in the path of older Belgian climbers like Nico Favresse. We talked with Seb after his send.

– Congrats, you were trying this route long time ago? How was the process?
Thanks! I did my first go in the route at the end of last Winter, in February, before the lockdown. At this moment, the route was too hard for me but I was in love with it. For a while, I had been wanting to put some efforts in a big project which would make me improve my climbing. “Supercrackinette” was the perfect route, hard but doable, quite in my style but not too much… It was my main goal for 2020. I returned in the route at the end of Spring until it was too hot. Then came a tiring Summer for me with a lot of multi pitch climbing, I then trained specifically for the route before going back. My plan was to spend all the Fall season here. It was cool, I went through all the steps: big progress, stagnancy, regression, lack of motivation, surrender, and finally the success!


– Why have you started a such difficult sportclimbing challenge in St-Léger du Ventoux?
Saint-Léger is my favorite place! The colors are magnificent there, especially in autumn elsewhere, and I keep importance to the colors…as my tights can testify! Start this kind of project is for me the best way to progress, to become a better climber, and therefore that also brings me a lot for the other disciplines of climbing.


– It’s your first 9th grade route. Which tips did you learn from this experience?
It’s my second route in the 9th gr ade, I also climbed “Speed integral” this summer, but may be you missed that because I repeated it very quickly (laugh)!
Whatever the grade, it’s all the time incredible to send a route at your limits, with some physical and mental abilities required. After the send, you understand all the things you put together for clipping the anchor. The most complicated the process is, the strongest is the happyness at the end! It’s not the 9th grade which is bringing to me some joy, but the energy I put in the project.

I will remember that it’s important to never give up, to accept some defeats, but to stay in war, to focus, all the time! Work will pay…or not! But whatever the issue, you tried to do your best!

– Your retro tights seem to be part of your look. Do you want to pay tribute to the 80’s through your climbing?
I can’t stand pants anymore, it itches … And then, I never really understood why, but tights make me more flexible! Finally, leggings attract me to a female fan club which is far from unpleasant 😉 More seriously, it was my way of taking the game of climbing not too seriously, and it became my personal touch, inspired of course by my childhood heroes: Güllich, Albert, Edlinger, and many others. Thanks to them we have the free climbing that we practice today, let’s pay tribute to them!

– Other projects that you would like to lead in sportclimbing or big wall?
There are plenty of projects! My problem is that as soon as I climb one, I have 3 more that are born in my mind. Otherwise, yes I have a big dream in Yosemite … but shhh!

– We often find you in original projects like the Alpine trilogy by bike this summer. Where do you find these inspirations?
If not being the strongest, why not try to be original? In Belgium, we have often been inspired by climbers and projects all as eccentric and original as each other. I admit that I don’t have to think a lot to find ideas: discussions around good Belgian beers (often strong in addition to being good) unleash creativity!

– Are you interested by expeditions and explorations?
Yes ! But for the moment, I’m taking my time, I would still like to push my limits in sport climbing and multi-pitch climbing before tackling more adventurous walls. However, the idea of ​​freeing or opening high-level virgin faces with ecologically responsible and if possible awkward approaches would be for me the absolute realization. In the long term, it is towards this objective that all my approach tend. What is certain, however, is that I have decided to limit my greenhouse gas emissions as much as possible. We can no longer afford in 2020, for our simple desires of adventure, to fly around the world four times a year, and go to consume cliffs ever more distant. We have to act responsibly and that means racking our brains a bit to build expeditions. I am convinced that with a little creativity and good Belgian beers, we can find expeditions with all the ingredients for a great adventure while having low environmental impacts!


Cover: Julia Cassou PhotographyJuliaCassou.com



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