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Bike To Eight
Falaise / Sportclimbing Interviews Video

Video & interview : Bike To Eight

  • 22/11/2022

“Bike to Eight”, tel est le nom du projet initié par les grimpeurs grenoblois Romain Noulette et Tanguy Topin accompagnés du vidéaste Thibault Cattelain. Leur projet ? Parcourir les falaises autour de Grenoble pour y cocher des voies mythiques en 8a en se rendant aux secteurs en vélo. Alors que le premier épisode de leur série sort aujourd’hui, nous sommes allés à leur rencontre.

– “Bike To Eight” : pourquoi ce nom pour un projet mené par des grimpeurs français ? Le 8, c’est pour le huitième degré ou la référence aux 80’s ?
“Bike To Eight” : un nom qui claque et qui raccourcit le « retour sur des voies classiques du 8ème degré ». Le 8 c’est pour la ref au 8è degré !

– Qui est à l’origine du projet “Bike To Eight”, comment ça s’est monté ?
Une idée originale de Romain inspirée des projets réalisés auparavant par les binômes Nico Pelorson – Lucien Martinez et Nico Favresse – Seb Berthe notamment. Ce projet est à l’échelle locale pour mettre en lumière les lignes dures et historiques autour de Grenoble. Il s’est créé dans le temps, en 6 mois environ. Après avoir décidé de grimper des voies cotées 8a avec des transitions en vélo, il fallait répondre à la question : quelles lignes choisir et quelles sont les distances et dénivelés qui en découlent ? Plusieurs paramètres étaient donc à prendre en compte pour notre petit défi.

Celui-ci doit tenir compte du style des voies : commencer par les voies les plus pêchues avec des pas de blocs difficiles et terminer si possible par des voies à gestion d’effort ou dans un style plus conti (demandant moins de force, la fatigue s’accumulant au fur et à mesure de la journée).

Il doit aussi tenir compte de l’orientation des voies : l’idée étant de grimper le plus possible à l’ombre pour préserver l’énergie et la peau des doigts.

La beauté des lignes est un point d’attention très important, on se concocte un cocktail des plus belles voies pour lier la performance avec une recherche d’esthétisme !

Distance et dénivelé entre les sites : enfin, pas de “Bike to Eight” sans la recherche d’un cheminement logique et réalisable entre les différentes falaises. Il faut que la distance à parcourir entre chaque site et surtout le dénivelé soit raisonnable pour s’offrir une vraie journée d’escalade (le vélo c’est juste le moyen de transport et pas notre passion à la base 😉).

– Quel est le message que vous aimeriez faire passer à travers “Bike to Eight” ?
Nous sommes certains qu’il est possible de réaliser ou de créer des performances ultra motivant(es) à l’échelle locale via des moyens de mobilité douce.

– Pourquoi ne pas partir plus loin en itinérance comme Pablo Recourt et prévoir uniquement des déplacements courts depuis Grenoble ? Pour montrer que des déplacements pendulaires pour aller en falaise à la journée et au week-end sont possibles ?
Nous ne sommes que au “Bike To Eight 1” ! Ce n’est qu’un début et nous avons pleins d’autres projets de ce genre. Partir plus loin nous motive aussi, mais l’idée c’est aussi de changer de mode de transport et de réaliser ce genre de défi au quotidien ou pendant des vacances de courte durée, pas forcément en prenant une année sabbatique.

– Le reste du temps, dans votre pratique en falaise de tous les jours, vous utilisez prioritairement la voiture ou vous privilégiez déjà le vélo ?
On favorise de plus en plus le vélo pour les journées en falaise proche de Grenoble. Cela permet d’éviter les embouteillages et aussi d’avoir une journée très complète ! Grenoble est une ville qui s’y prête particulièrement bien avec de chouettes falaises à proximité de la ville (pour qui aime bien mettre le pouce sur l’index et la grimpe complexe).

– Se déplacer en vélo avec le matériel d’escalade pour performer en falaise quand on a peu de temps libre ou quand on habite loin des falaises n’est-il pas illusoire ?
Se déplacer en vélo requiert davantage de temps. De nos jours il faut s’adapter aux changement que nous imposent la planète et son dérèglement. La performance pure et dure suit un schéma centré sur soit même, très individualiste. Par exemple prendre l’avion, la voiture pour réaliser une voie ou un bloc précis. Aujourd’hui, il faut avancer ensemble et réfléchir à des schémas de perf qui répondent aux exigences climatiques. Bien sûr il y a des régions où prendre la voiture reste une nécessité si on veut accéder aux falaises. Pour d’autres, plus escarpées, le vélo électrique est déjà une option qui se voit de plus en plus (dans les Alpes par exemple).

– Les premières voies ciblées dans votre projet sont des voies proches de Grenoble et dans le 8a. Quelles sont-elles ? A combien de kilomètres de vos domiciles ?
Les 5 voies choisies se trouvent sur le territoire de la Métropole Grenobloise. Elles sont toutes cotées 8a. Nous avons choisi dans l’ordre “Sidi H Bibi” à Espace Comboire, “La Poudre” au Lames, “Cobalt” à l’Abattoir, “Nobody’s perfect” à St Egreve et “Claire obscure” à Satan. Elles se trouvent toutes dans un rayon de moins de 15km du centre-ville de Grenoble avec moins de 400m de dénivelé positif pour chacune. Le thème de ce premier projet était de réaliser des voies classiques historiques. C’est LA ligne qui importe le plus, nous les avons aussi choisies pour leur beauté. Il y a de très beaux secteurs où nous ne sommes pas allés parce qu’il n’y avait pas de 8a qui nous inspirait.

– Vous comptez ensuite vous déplacer plus loin, dans le Royans, puis vous attaquer à des projets de plus en difficiles une fois rodés. Développez ! Pourquoi rajouter de la distance et du niveau ?  
Cet automne, on a fait un trip du même genre dans le Vercors en prenant le bus et le train. C’est le “Bike to Eight 2” (sortie printemps 2023).

En effet dans le futur on aimerait réaliser d’autres trips de ce genre. On ne se fixe aucunes limites de niveau et de lieux géographiques. Dans tous les cas on partira avec nos vélos et nos sacoches pour des lignes qui nous font rêver. Rajouter de la difficulté est une option envisagée même si cela va nous demander plus de préparation !

– Vous aviez déjà travaillé les voies au préalable ou vous ne les connaissiez pas du tout ? Est-ce obligatoire de ne pas connaître les lignes pour démarrer un processus ?
Cela fait près de 8 ans que nous sommes à Grenoble, nous connaissons très bien les falaises, les styles et les spécificités de chaque site. En 8 ans nous avons eu le temps de grimper toutes les lignes du projet. Certaines n’étaient que des vagues souvenirs. Le jour J, nous avons dû faire des runs pour caler les sections.
Il n’y a pas de règles pour ce processus même s’il faut respecter un optimum de difficulté : pour qu’il y ai un réel défi il faut que les voies soient suffisamment dures pour qu’elles nous posent problème (dans l’empilement des voies à l’échelle de la journée). Mais il ne faut pas dépasser une certaine limite pour que le projet soit réalisable en se donnant comme des fous durant une journée.

– Comment envisagez-vous la suite du projet pour 2023 ?
On travaille en collaboration avec Thibault Cattelain (réalisateur et photographe) et la marque Simond sur une série de petits films retraçant les différents trips réalisés. On les remercie fortement de nous suivre sur ce projet ! Le premier épisode va sortir très prochainement.
On a plein d’idées pour l’année à venir. Couenne ou grande voie, l’avenir nous le dira !

Photos: Thibault Cattelain

La vidéo du premier épisode:


“Bike to Eight” is the name of the project created by Grenoble climbers Romain Noulette and Tanguy Topin joined by videographer Thibault Cattelain. Their project? Climbat the crags around Grenoble to tick off mythical routes in 8a grade by reaching the sectors by bike. As the first episode of their series comes out today, we went to meet them.

– “Bike To Eight”: why this name for a project led by French climbers? The 8, is it for the 8th degree or the reference to the 80’s?
“Bike To Eight”: a name that slams and shortens the “return to classic ways of the 8th”

– Who is behind the “Bike To Eight” project, how did it come about?
An original idea by Romain inspired by projects previously carried out by the Nico Pelorson – Lucien Martinez and Nico Favresse – Seb Berthe teams in particular. This project is on a local scale to highlight the hard and historical lines around Grenoble. It was created over time, in about 6 months. After deciding to climb 8a-rated routes with transitions by bike, the question had to be answered: which lines to choose and what are the distances and elevations that come with it? Several parameters were therefore to be taken into account for our little challenge.

This must take into account the style of the routes: start with the most powerful routes with difficult boulder sections and finish if possible with effort-managed routes or in a more stamina style (requiring less strength, fatigue accumulating as the day progresses).

Distance and height difference between the areas: finally, no “Bike to Eight” without finding a logical and feasible route between the different crags. The distance to be covered between each site and especially the elevation must be reasonable to afford a real day of climbing (the bike is just the means of transport and not our passion 😉).

– What is the message you would like to share through “Bike to Eight”?
We are sure that it is possible to achieve or create ultra-motivating performances on a local scale via soft mobility means.


– Why not go further afield like Pablo Recourt and plan only short trips from Grenoble? (To show that pendulum trips to go to the cliff for the day and the weekend are possible?)
We are only at “Bike To Eight 1”, this is only the beginning and we have plenty of other such projects. Going further also motivates us, but the idea is also to change modes of transport and achieve this kind of challenge on a daily basis or during short vacations, not necessarily by taking a sabbatical break.


– The rest of the time, in your everyday practice on the crag, do you primarily use the car or do you already prefer the bike?
We prefer the bike more and more for the days on the crags near Grenoble. This helps to avoid traffic jams and also to have a very full day! Grenoble is a city that lends itself particularly well to it with great crags near the city (for those who like to put their thumb on their index finger (crimp!) and complex climbing).


– Isn’t traveling by bike with climbing equipment to perform on the cliff when you have little free time or when you live far from the crags an illusion ?
Moving around by bike requires more time. Nowadays we have to adapt to the changes imposed on us by the planet and its disruption. The pure and hard performance follows a pattern centered on oneself, very individualistic. For example take the plane, the car to achieve a route or a specific boulder. Today, we must move forward together and think about performance schemes that meet climatic requirements. Of course there are regions where taking the car remains a necessity if you want to access the crags. For others, steeper, the electric bike is already an option that is increasingly seen (in the Alps for example).

– The first routes targeted in your project are routes close to Grenoble and in the 8a. How did you choose them? How many kilometers from your homes? Do the site and the line matter?
The 5 routes chosen are located on the territory of the Grenoble Metropolis. They are all graded 8a. We chose in order “Sidi H Bibi” at Espace Comboire, “La Poudre” at Lames, “Cobalt” at the Abattoir, “Nobody’s perfect” at St Egreve and “Claire obscure” at Satan. They are all within a radius of less than 15km from the city center of Grenoble with less than 400m of elevation gain for each. The theme of this first project was to build historic classic routes. This is THE line that matters most, we have also chosen them for their beauty. There are very beautiful sectors where we did not go because there was no 8a that inspired us.

– You then plan to move further, in the Royans, then tackle increasingly difficult projects once you’ve gotten the hang of it. Expand. Why add distance and level?
This fall, we did a similar trip in the Vercors by taking the bus and the train. It’s the “Bike to Eight 2” (spring 2023 release).

Indeed in the future we would like to make other trips of this kind. We set no limits of level and geographical locations. In any case, we will leave with our bikes and our panniers for lines that make us dream. Adding difficulty is an option considered even if it will require more preparation!

– Did you work the routes before or didn’t know them at all? Is it mandatory not to know the lines to start a process?
We have been in Grenoble for almost 8 years, we know the cliffs, the styles and the specificities of each area very well . In 8 years we had time to climb all the lines of the project. Some were just vague memories. On D-Day, we had to do goes to scope the sections.
There are no rules for this process even if you have to respect an optimum of difficulty: so that there is a real challenge the routes must be hard enough for us to have a problem with them (in the empilement of routes during the day). But you must not exceed a certain limit for the project to be doable but in the other hand having a daily challenge.


– How do you envision the continuation of the project for 2023 ?
We are working in collaboration with Thibault Cattelain (director and photographer) and the Simond brand on a series of short films retracing the different trips made. We thank them very much for following us on this project! The first episode will be released very soon.
We have lots of ideas for the coming year. sportclimbing or multi pitch, the future will tell!

Photos: Thibault Cattelain

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