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Association Sensibilisation / Raise awareness

Fanatic Climbing : l’heure de la sensibilisation ? – Fanatic Climbing: time to raise awareness?

  • 28/05/2026

Ce printemps, récemment, nous avons réalisé deux actions avec l’asso en forêt de Fontainebleau, où nous avons un poil fait évoluer notre mode opératoire. Retour sur ces deux évènements !

Acte 1 : Apremont, dimanche de Pâques

Oui, organiser une journée de nettoyage dans un des massifs parmi les plus réputés de Fontainebleau sur un des week-ends parmi les plus importants en terme d’affluence avec des conditions de collante idéales était calculé, une idée certes audacieuse, mais un pari qui s’est révélé judicieux. Au jeu des départs en week-end, notre équipe de bénévoles s’est trouvée réduite, nous obligeant de revoir à la baisse le nombre de secteurs à nettoyer dans un des massifs les plus vastes de la forêt. Mais en revanche, dès 8h du matin, c’est le défilé de grimpeurs venant de toute l’Europe sur notre stand. Informations données sur le détail et le pourquoi de notre action, les horaires de nettoyage selon les secteurs, tonne de flyers distribués, échanges constructifs avec des personnes plutôt curieuses et attentives. Rémi Pelletier, aka “Rem ix », speaker des compétitions nationales et internationales, vient nous prêter main forte de manière inopinée et devient rapidement comme un poisson dans l’eau dans cet exercice, interpellant groupe après groupe pendant plusieurs heures pour leur expliquer les bonnes pratiques et l’importance du respect des lieux, avec la pédagogie, le ton apaisé et consensuel dont il a le secret, captivant son auditoire et suscitant l’intérêt et la curiosité.


En effet, marteler les bonnes pratiques dans des articles ou sur les réseaux, nettoyer des blocs sales à plusieurs dizaines (voire plus d’une centaine comme l’an dernier au Cuvier) sur des actions régulières chaque année est une chose : on communique, on se donne bonne conscience et du bon cœur, on se motive, on se fédère. Mais avoir un réel impact sur des personnes découvrant la forêt et ses pratiques, et ce, en leur transmettant un usage qui préserve notre terrain de jeu sur le long-terme, c’est autre chose.
Alors que nous nous attendions à recevoir un accueil mitigé de la part de grimpeurs ayant parcouru des centaines de kilomètres pour pouvoir toucher du grès pendant quelques heures et avec une équipe réduite de fanatiques bénévoles, ce nettoyage pascal à Apremont a touché énormément de monde. Sur les secteurs, de nombreux groupes nous font place nette et arrêtent de grimper pour permettre le nettoyage. Certains nous aident à nettoyer. Pour les plus réfractaires qui voulaient absolument essayer le problème mouillé, ils nous assurent qu’ils attendront que le bloc soit complètement sec pour l’essayer et qu’ils le renettoieront derrière. Les échanges sont nombreux, et les encouragements aussi. Nous voici réconfortés ! D’autant plus que cela permet de complètement déconstruire des discours locaux qu’on entend parfois revenir à nos oreilles : local = grimpeur responsable et étranger = grimpeur irresponsable = problème.


A la fin de la journée, à l’apéro bilan, nous dressons tous le constat : oui, avec un maximum d’humour, de pédagogie et d’angle d’accroche, il est possible de faire passer notre message et notre point de vue aux néophytes et aux étrangers, sur l’importance de prendre soin de la nature et des blocs, et de respecter les us et coutumes locaux. Chose importante : beaucoup de grimpeurs nous ont vu pulvérisateurs, brosses à la main en train de nettoyer, et à coup sûr, pour ceux qui n’ont pas adhéré à notre action, nous les avons à minimum marqués : ils ont vu et compris ce qu’il était possible de faire comme tours de main pour minimiser notre impact. Ce nettoyage marquera à coup sûr un tournant dans nos actions, et accentue un point, que Chloé Bouchard, membre du bureau avait déjà décelé et proposé : il faut qu’on accentue la sensibilisation, et qu’on trouve des idées pour diffuser davantage les bonnes pratiques bleausardes au grand public, quand les communications que nous avions déjà tentées auprès des clubs ou des salles privées, ou autres loueurs de crash pads ou fabricants lors d’approches notamment lors du salon de l’escalade avaient du mal à être effectives.


Acte 2 : Big Bloc Festival, Buthiers

Joana Montesinos, membre de Mountain Wilderness, qui nous a rejoints sur le clean up d’Apremont, nous hameçonne et nous questionne. Elle voudrait qu’on vienne participer à un débat mouvant sur le jour d’affluence du Big Bloc Festival à Buthiers, accueillant des centaines de compétiteurs de tout l’hexagone pour une coupe de France de bloc fin mai. L’atelier débat est intitulé “Grimper, préserver, habiter la forêt”. C’est l’occasion de se poser un peu, de mettre nos idées en perspective, de prendre du recul sur nos actions de terrain, fruits de notre énergie et de notre fougue de pratiquants, pas toujours réfléchis.
Nous sommes par ailleurs convaincus qu’il est judicieux de se remettre en question et de questionner régulièrement son positionnement en tant que pratiquants de pleine nature sur des thèmes éthiques et environnementaux et d’échanger les points de vue. Un débat bouillonnant, riche en positionnements et en idées. Intéressant ! Histoire de rentabiliser le déplacement, on en profite aussi pour poser un stand, organiser un mini nettoyage de certains blocs emblématiques et entartrés de cake autour de la base de loisirs, et de toucher un maximum de public, ici exclusivement français et issu du monde de la compétition et de l’indoor, et des clubs FFME. Encore une chouette journée, où l’accueil (merci à Roxane et Arthur notamment) et les échos ont été encourageants.


Bref, ce printemps nous aura fait prendre conscience que face aux enjeux de massification de la fréquentation, de respect de l’environnement sous fond de changement climatique, il était nécessaire d’accentuer les actions de sensibilisation autour des nettoyages. Il nous faut varier au maximum les canaux de diffusion de notre message sur une pratique raisonnée de l’escalade pour toucher un plus large public que les éternels convaincus membres actifs de chaque clean up, lecteurs et suiveurs réguliers sur les réseaux. D’autres idées sont dans les tuyaux, on verra ce que la fin d’année et le futur nous réservent !

Photo de couverture : Arthur Delicque

This past spring, we carried out two cleanup efforts with the non-profit in the Fontainebleau Forest, where we tweaked our approach a bit. Here’s a look back at those two events!

Act 1: Apremont, Easter Sunday

Yes, organizing a cleanup day in one of Fontainebleau’s most famous places on one of the busiest weekends of the year—with ideal sticky conditions—was a calculated move. It was certainly a bold idea, but one that turned out to be a wise bet. With many of our people heading off for the weekend, our team of volunteers was reduced, forcing us to scale back the number of sectors to clean in one of the forest’s largest massifs. But on the other hand, starting at 8 a.m., there was a steady stream of climbers from all over Europe at our booth. We provided detailed information on the specifics and rationale behind our initiative, the cleaning schedules for each sector, handed out tons of flyers, and engaged in constructive conversations with people who were both curious and attentive.

Indeed, promoting good practices in articles or on social media, and cleaning up with dozens of volunteers dirty boulders (or even over with hundred people, as was the case last year at Le Cuvier) during regular annual events is one thing: we communicate, we ease our consciences and lift our spirits, we motivate ourselves, and we come together. But having a real impact on people discovering the forest and its practices—by teaching them how to use it in a way that preserves our playground in the long term—is something else entirely.


While we expected a lukewarm reception from climbers who had traveled hundreds of kilometers just to touch the sandstone for a few hours—and with a small team of dedicated volunteers—this Easter cleanup in Apremont touched a lot of people. On the climbing areas, many groups cleared the way for us and stopped climbing to let us clean up. Some helped us clean. For the most stubborn ones who absolutely wanted to try the wet problem, they assured us they’d wait until the boulder was completely dry to attempt it and would clean it up afterward. There’s plenty of conversation, and plenty of encouragement too. We’re heartened by this! Especially since it completely debunks the local stereotypes we sometimes hear: locals = responsible climbers and outsiders = irresponsible climbers = problem.

At the end of the day, during our wrap-up drinks, we all came to the same conclusion: yes, with plenty of humor, education, and engaging approaches, it’s possible to get our message and perspective across to newcomers and visitors about the importance of caring for nature and the boulders, and respecting local customs and traditions. One important thing: many climbers saw us with spray bottles and brushes in hand, cleaning up, and without a doubt, for those who didn’t join our effort, we at least made an impression on them: they saw and understood the practical steps we could take to minimize our impact.

This cleanup will undoubtedly mark a turning point in our efforts and underscores a point that Chloé Bouchard, a board member, had already identified and proposed: we need to step up awareness efforts and come up with ideas to further spread Bleausard best practices to the general public, since the outreach we’d previously attempted with clubs, private gyms, crash pad rental companies, and manufacturers—particularly during the French climbing expo – had struggled to be effective.


Act 2: Big Bloc Festival, Buthiers

Joana Montesinos, a member of Mountain Wilderness who joined us for the Apremont cleanup, draws us in and asks us questions. She wants us to come and participate in a dynamic discussion on the busiest day of the Big Bloc Festival in Buthiers, which will host hundreds of competitors from all over France for the French Bouldering Cup in late May. The discussion workshop is titled “Climbing, Preserving, Living in the Forest.” It’s an opportunity to pause for a moment, put our ideas into perspective, and take a step back from our on-the-ground actions—the result of our energy and enthusiasm as climbers, which aren’t always well-considered.

We are also convinced that it makes sense to regularly reflect on and question our stance as outdoor enthusiasts regarding ethical and environmental issues, and to exchange perspectives. A lively debate, rich in perspectives and ideas. Interesting! To make the trip worthwhile, we also took the opportunity to set up a booth, organize a mini cleanup of some iconic boulders caked with cake around the recreation center, and reach as many people as possible—here exclusively French and from the worlds of competition and indoor climbing, as well as FFME clubs. Another great day, where the welcome (thanks especially to Roxane and Arthur) and the feedback were encouraging.

In short, this spring has made us realize that, in the face of challenges such as the surge in visitor numbers and the need to respect the environment amid climate change, it is necessary to step up our awareness-raising efforts around clean-up initiatives. We need to diversify the channels through which we spread our message about responsible climbing as much as possible to reach a wider audience than just the usual dedicated members who actively participate in every cleanup, as well as regular readers and followers on social media. We have other ideas in the works—we’ll see what the end of the year and the future hold!

Cover pic: Arthur Delicque

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