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Mael L'enfant Despote 9a+ FA
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La Balme : Maël Musson libère L’enfant despote 9a+ – La Balme: first free ascent of L’enfant despote 9a+ by Maël Musson

  • 13/08/2026

Une première ascension à La Balme de Yenne qui ne porte pas le nom de Mathieu Bouyoud, voilà un scoop ! Il y pensait depuis sa répétition de « Deep spot » en avril dernier, le grimpeur Briançonnais expatrié à Grenoble Maël Musson, 20 ans, vient de réaliser la première ascension de « L’enfant despote » (9a+) : un véritable monstre tapis au fond de la grotte de la célèbre falaise savoyarde. Jugez par vous même : 1h30 de grimpe pour l’enchainement, 180 mouvements, 65 mètres, et pas moins d’une dizaine de repos chauve-souris sans les mains. Maël revient sur les détails de la voie et sur le processus, l’occasion aussi pour lui de mettre en lumière son jeune frère Nathan ainsi que ses parents. Une vraie famille de grimpeurs fanatiques !

– Peux-tu décrire la voie que tu viens d’enchainer ?
La voie connecte une des extensions du 8c classique de « Dissidence » nommée « La récré dominicale » (8c+/9a) avec une variante de sortie de « Deep spot ». En effet, j’ai évité le repos sommital de ce dernier sur un trou en passant par un 8c+ à gauche tout en haut, de manière à effectuer une sortie plus rési. Le haut est plus logique que celui de « Deep spot » je trouve, au plus direct dans le porche droit de la grotte de La Balme. La connexion entre « La récré » et « Deep spot », doit rajouter un 7A+/B bloc de 2/3 mètres. Puis tu retrouves la partie dure de « Deep spot ». Il y a aucun crux particulièrement marqué dans la voie, tu peux tomber partout, peut-être la section dure de « Deep spot » est un peu plus dure que le reste, mais à peine.
C’est de la pure conti ! Certains repos ne sont pas bons, juste 20 secondes et ensuite tu continues. Le crux principal n’est pas plus que 7B bloc en terme de section. C’est une première ascension de ma part, mais je suis bien conscient que c’est grâce à Mathieu qu’il y a toutes ces voies, « L’enfant despote » un cheminement de 3 voies que lui a ouvert et dont il a fait les premières.


Comment se sont passés les progrès et l’enchainement ?
Hormis les séances dans « Deep spot » (une dizaine), puis la récré qui serait plutôt 8c+ (2/3 séances), 4 séances pour tout enchainer ! Le feeling ressenti pendant l’enchainement a été assez unique : j’ai jamais à ce point pris autant de repos la tête en bas, cela m’a donné le tournis comme dans un manège : je pense que j’ai passé 30 min en repos chauve souris sur mon run de 90 minutes !

Penses-tu que c’est ta voie la plus dure ?
C’est un cran plus dur que « Deep spot » notamment car le haut est plus continu. Quand tu arrives dans le dur de « Deep spot », j’avais déjà l’impression d’avoir réalisé un marathon (un 9a facile ou lieu d’un 8c/+ d’approche). L’aspect volume est plus important. Donc je pense que la difficulté vient du long ( 65 m). Mais concernant les voies longues en grotte, je suis quasi sur de pouvoir faire des choses plus dures dans ce style.

– Tu as posé de nombreux genoux, que penses-tu du débat sur l’utilisation des genouillères en falaise ?
La genouillère, c’est vraiment devenu quelque chose comme un chausson d’escalade. Pour moi les genouillères ne rabaissent pas les cotations nécessairement, mais cela permettra de faire des voies plus dures, je vois davantage le truc comme une ouverture sur des difficultés futuristes plutôt que sur le fait de rabaisser ce qu’on fait maintenant. Cela a démocratisé le gros dévers et la grotte, donc c’est un peu la voie du futur !
Pour les repos genoux, un petit conseil : même si ils sont mauvais, il faut travailler le relâchement sans les mains. Compter dans sa tête quand on se repose sur le genou, peut aider aussi tenir le repos, en termes mental.

– Toi qui bouge pas mal en falaise, quels sont tes prochains projets dehors à court et long terme ?
J’ai d’autres projets à La Balme, comme par exemple tenter de répéter ‘Titanesque » (9a+). Et puis des projets de connexion dans la grotte qui pourraient faire 9b : faire tout le dur de « Deep spot » puis diagonale dans « Titanesque » par exemple. Ou alors passer de « Coïncidence » dans « Balmophilie », mais la ligne est moins logique.
Pour le reste, j’ai aussi des projets à Virignin en face, et à long terme, des voies comme « Move » ou « Chilam balam » sont sur mes tablettes.

– Et les études ?
Je suis en prépa intégrée d’école d’ingénieur en informatique, avec des horaires aménagés. Cela me laisse du temps pour m’entrainer l’hiver, et performer l’été en falaise, avec quelques compétitions entre les deux. idéal pour moi !

– Tu entretiens une relation particulière avec ton frère Nathan, tout juste 16 ans, qui vient de réaliser une belle moisson à Flatanger avec son premier 9a ainsi qu’une floppée de 8c et +, ainsi qu’avec tes parents qui sont d’expérimentés falaisistes ?
Oui, c’est vrai que cela fait un moment qu’on tourne en falaise en famille, avec les parents falaisistes. Avec Nathan, mais aussi mon père, on adore les voies longues dans du penché. Je dois me bouger un peu pour ne pas me faire rattraper par le frangin ! Il vient d’avoir 16 ans Nathan s’est offert pour l’occasion « Little Badder » (9a). J’ai commencé à m’entrainer tardivement pour l’escalade, à l’âge 9/10 ans, alors que Nathan dès l’âge de 4 ans, il était déjà complètement à fond. Avec les parents on a baigné dans l’ambiance falaise direct ! La première fois que je me suis retrouvé au pied d’une falaise, j’avais seulement une semaine !

– Un mot sur cette falaise de La Balme où tu as passé pas mal de temps depuis ce printemps ?
La falaise est proche de la route, avec un peu de bruit même si je ne trouve pas cela spécialement dérangeant. Ce qui me plait à La Balme est que le style est encore plus conti que les falaises similaires que je connais en gros dévers, en mode pur volume, surtout que le reste des Alpes c’est plutôt du serrage de croûtes. C’est cool d’avoir un secteur comme cela pas très loin de la maison pour pouvoir projeter des trucs longs, penchés et durs !

Photos : Arthur Delicque et coll. Musson

Mael et Nathan - Flatanger


A first ascent at La Balme de Yenne that isn’t named after Mathieu Bouyoud—now that’s a scoop! He’d been thinking about it ever since his repeat of “Deep Spot” last April: Maël Musson, a 20-year-old climber from Briançon now living in Grenoble, has just completed the first ascent of “L’enfant despote” (9a+)—a true monster route tucked away at the back of the cave on the famous Savoyard cliff. Judge for yourself: a 1.5-hour climb to complete the route, 180 moves, 65 meters, and no fewer than ten bat hang rests without using his hands. Maël breaks down the details of the route and the process, taking the opportunity to highlight his younger brother Nathan as well as his parents. A true family of climbing fanatics.

– Can you describe the route you just climbed?
The route connects one of the extensions of the classic 8c “Dissidence”, called “La récré dominicale” (8c+/9a), with an exit variation of “Deep Spot.” In fact, I skipped the top rest on “Deep Spot”, which is on a hole, by taking an 8c+ route to the left at the very top, in order to create a more endurance-oriented exit. I find the top section more logical than that of “Deep Spot,” as it’s the most direct route through the right porch of the La Balme cave. The connection between “La récré” and “Deep spot” adds a 7A+/B boulder section of about 2–3 meters. Then you’re back on the hard section of “Deep spot.” There are no particularly standout cruxes on the route—you can fall anywhere. Perhaps the hard section of “Deep spot” is a bit harder than the rest, but only slightly.

It’s pure endurance! Some rests aren’t great, just 20 seconds, and then you keep going. The main crux is no more than a 7B boulder section. This is my first ascent of the route, but I’m well aware that it’s thanks to Mathieu that all these routes exist—“L’enfant despote,” a sequence of three routes that he opened and on which he made the first ascents.

– How did the progress and the send go?
Aside from the sessions on “Deep Spot” (about ten), then the “Recré,” which is more like an 8c+ (2–3 sessions), it took four sessions to send the whole route! The feeling I had during the send was pretty unique: I’ve never rested upside down for so long—it made me dizzy, like on a merry-go-round: I think I spent 30 minutes resting in the bat hang during my 90-minute run!


– Do you think this is your hardest route?
It’s a notch harder than “Deep Spot,” especially because the top section is more continuous. By the time you hit the crux of “Deep Spot,” I already felt like I’d run a marathon (an easy 9a instead of an 8c/+ warm-up). The volume is more significant. So I think the difficulty comes from the length (65 m). But when it comes to long cave routes, I’m pretty sure I can tackle harder stamina routes in this style.

– You’ve used kneebars a lot—what do you think of the debate over using kneepads during a rockclimbing burn?
Knee pads have really become something like climbing shoes. For me, knee pads don’t necessarily lower the difficulty ratings, but they do make it possible to climb harder routes. I see it more as opening the door to future challenges rather than as a way to make what we’re doing now easier. It’s made steep overhangs and cave-style climbing more accessible, so it’s kind of the way of the future!

As for knee rests, here’s a little tip: even if they’re tricky, you need to work on relaxing without using your hands. Counting in your head while resting on your knee can also help you hold the rest mentally.

– Since you climb a lot on the crag, what are your next short- and long-term outdoor projects?

I have other projects at La Balme, like trying to repeat “Titanesque” (9a+). And then there are link-up projects in the cave that could be 9b: doing the whole crux section of “Deep Spot” and then going diagonally into “Titanesque,” for example. Or going from “Coïncidence” into “Balmophilie,” though that line is less logical.

As for the rest, I also have projects across the way in Virignin, and in the long term, routes like “Move” or “Chilam balam” are on my to-do list.

Nathan - Little badder 9a
Nathan – Little Badder

– Do you have a special relationship with your brother Nathan, who just turned 16 and recently had a great run at Flatanger with his first 9a and a slew of 8c and higher routes, as well as with your parents, who are experienced rockclimbers?
Yes, it’s true that we’ve been climbing as a family for a while now, with my parents who are rockclimbers. Nathan, my dad, and I all love long routes on overhangs. I have to step up my game a bit so my little brother doesn’t catch up to me! Nathan just turned 16 and treated himself to “Little Badder” (9a) for the occasion. I started training for climbing relatively late, at age 9 or 10, whereas Nathan was already totally into it by the time he was 4. With our parents, we were immersed in the crag scene right from the start! The first time I found myself at the base of a crag, I was only a week old!

– A few words about the La Balme crag where you’ve spent quite a bit of time since this spring?
The crag is close to the road, with a bit of noise, though I don’t find it particularly bothersome. What I like about La Balme is that the style is even more “conti” than the similar places I know with big overhangs—it’s all about pure volume—especially since the rest of the Alps is mostly about crimping. It’s cool to have a crag like this not too far from home where I can tackle long, overhanging, and tough routes!

Photos : Arthur Delicque

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